Du footing aux palmes
Du footing aux palmes
(journal intégral janvier 2004/mai 2006)
Ici début.
Quand débute ce journal, le moral n'est pas au plus haut. Je sais que je ne serai plus intermittent fin janvier (plus d'ASSEDIC). Pas de tournage en vue. Mais des projets pas payés, ça, je n'en manque pas...
BONNE ANNEE !
Samedi 03/01/04 -
En rentrant d'un séjour familial, j'ai trouvé une lettre de Maurice Failevic. Il me dit être désolé de n'avoir pas pu me distribuer dans son prochain film. J'avais aussi un message téléphonique pour un casting le 12. Une série télé. Sans doute un méchant...
Vendredi, mon appel à décision passera à l'AFDAS. L’Afdas, c’est l’organisme qui devrait financer ma formation aux ateliers Varan. J’y ai été accepté pour un stage de réalisation au documentaire.
Cette formation rémunérée, outre l’intérêt réel qu’elle présente pour moi, me permettra de conserver mon statut d’intermittent (ASSEDIC).
AH BON !?
Lundi 05/01/04 -
15h24, David G au portable.
- Tu te souviens que tu tournes pour Fred B. jeudi ?
- Heu... oui...
Je tourne donc jeudi. C'est un petit rôle mais qui se remarquera peut-être...
PAPA
Mardi 06/01/04 -
12h34, message de Nicolas pour un casting moyen métrage. Il cherche un père. Mon agent m'a précisé que le casting de lundi, c'est aussi pour un rôle de père. Un brin dépassé par les événements. Je trouve ça plutôt réjouissant de sortir des rôles de psychopathes et autres assassins !
ALIVE
Jeudi 08/01/04 -
10hOO, je quitte le plateau de "Alive", le film de Frédéric Berthe. Un plan. Bien passé. Pas sûr qu'on le remarque! Rencontré le premier assistant qui me connaissait des films d'Hélène Angel et veut me faire tourner dans son prochain.
LA CATA…
Vendredi 09/01/04
Je suis à la Cagnotte avec Alexandre quand l'Afdas m'annonce le rejet de mon appel. Confirmation de ce que je pressentais : pas de formation, pas d’ASSEDIC. Merci le Médef ! Nombreux intermittents sortis du système grâce aux nouvelles réformes se sont jetés dans des formations. Dommage collatéral : Les fonds destinés à la formation sont à sec. Je devrai donc réaliser le documentaire sans passer par la case "formation" et prévoir de manger des pâtes!
RDV lundi pour un casting série avec Stévenin...
CASTING CASTING
Lundi 12/01/04
2 Castings. L'un pour Fabien Cosma s'est bien passé (rôle de père dépassé). Le second pour "le camarguais"... un grand rôle d'idiot qui se remarque. Pas évident !
ET SI JE MONTAIS UNE BOITE DE PROD…
Jeudi 16/01/04
2 jours de rhume et le projet de créer une boîte de prod. Après 2 jours de réflexion, je renonce aux deux! Créer une boîte, c'est bien quand on est riche ou qu'on veut le devenir. Sinon, c'est un isolement supplémentaire, une forteresse ridicule (fruit de réflexion sinusoïdale).
RESISTANCE A L’EFFONDREMENT
Dimanche 18/01/04
Nouvelle lettre à l'AFDAS (non mais !). Je serai dans 3 courts métrages présents à Clermont...
RESTONS ACTIF !
Mardi 20/01/04
Agréable projection hier de l’Etang de Jean-Marie Omont. Au buffet, je n’ai pas hésité à confier mes déboires intermittents. Du coup, Patrick Marty (un pote de Bordeaux qui a viré assistant) m’a rappelé aujourd’hui pour que j’envoie un CV-Photo pour un téléfilm qui se tournera à Bordeaux en avril. Sympa le Patrick !
Ce matin, avec Camille B., nous avons rencontré une " chef de file " (casting figuration) pour notre projet de documentaire sur les figurants. On avance doucement…
Ce matin toujours, sur France Inter, Stéphane Paoli s’inquiétait des effets de la loi Perben (justice policière et carcérale). C’était pas mal d’entendre le chroniqueur le plus à droite réaliser à quel point nous glissons vers un Etat Libéral-totalitaire !
RESOLUTIONS
Jeudi 22/01/04
Hier, j’ai pensé, pendant que Marie était au festival d’Angers pour y lire des scénarios. Oui, j’ai pensé ! Ménage, lessive, annulation de rendez-vous inutiles, choix catégoriques, le tout terminé par un bon vieux film (" Ca tourne à Manhattan "). Conclusion de la journée :
- je renonce définitivement à l’idée de monter une petite boîte de prod
- j’ai défini un nombre annuel de jours de tournage qui devraient me permettre de vivre sans ASSEDIC.
- Pour le reste, je travaille sur le documentaire,
- je prends le théâtre quand il passe,
- je travaille un petit tour de chant,
- j’écris (comme on fait de la gym),
- je fais un régime alimentaire et du sport. Arf, arf, arf ! ? Hé bé, si ! Je sais, c’est le premier de l’an chinois mais ça n’a rien à voir.
J’ai bien conscience que ce programme fait un peu Club Med. J’assume !
Aussitôt dit, aussitôt fait ! Des pompes en solde, un jogging pas cher et le tour est joué. Petite course à La Vilette.
Pour le reste, pas un coup de fil sinon celui d’un copain qui me conseillait de faire des faux cachets pour rester intermittent. Non, non et non !
Le théâtre…
Vendredi 23 janvier
Rien de particulier. Une heure de jogging. Aucune nouvelle des castings passés. Joué deux heures de guitare (en vue préparation tour de chant). Vu " Feu l’amour " d’après Feydeau à MC 93 mise en scène de Jean-Michel Rabeux. A chaque fois que je vois un spectacle réussi, la scène me manque.
AÏE !
Samedi 24 janvier
Ridicule ! Comme j’ai lu qu’il était conseillé de faire une heure de sport par jour, j’ai couru une heure hier. Résultat, depuis, j’ai très très mal à une cheville. Je sais…
Obsédé par les réponses négatives aux castings (pour l’instant, il ne s’agit que de réponses qui ne viennent pas). Si fin mars, je n’ai pas de tournages ni de théâtre, j’envisage sérieusement une reconversion ! Je marque cette échéance sur mon calendrier sous-main.
ON LÂCHE PAS L’AFFAIRE !
lundi 26 janvier 2004
Hier, nous avons vu une avant-première de " Un hiver sous la table " de Topor, mis en scène par Zabou. Un régal de théâtre de l’absurde comico-poético-politique qui résonne bien aujourd’hui. On allait y voir la copine Guilaine Londez. Elle est super dans le rôle de la " bonne copine ". Mais on se régale aussi d’Isabelle Carré et de Dominique Pinon, pour ne citer qu’eux.
Pas de réponses des castings passés voici maintenant deux semaines : c’est donc plus que mal barré de ce côté-là.
Séance de travail avec Camille B. sur le projet de documentaire sur les figurants. Plus précisément, on met au point un dossier pour le tournage d’une série de portraits de figurants (3 minutes chacun) destinés à la télé ou au câble.
FREMISSEMENT
Mardi 27 janvier 2004
Journée très administrative.
Casting à 17 heures avec Serge Meynard pour un téléfilm qui se tournera à Bordeaux. C’est peu dire que ça s’est bien passé. Réponse en fin de semaine.
Préparation guitaristique pour la répétition chanson de demain avec Alexandre.
Théâtre le soir à Paris Villette pour deux pièces de Synge. Pas fan du traitement. Comédiens un peu " jeunes ".
GRAT GRAT BLING BLONG
Mercredi 28 janvier 2004
Répète N°1 avec Alexandre. On a essentiellement bossé sur 3 chansons. Tout de suite, on passe ailleurs ! Je voyais mal Alex faire bling blong blong sur la gratte. Il a donc arrangé tout ça à sa sauce et le résultat fait plaisir à entendre ! La semaine prochaine, on s’amuse à enregistrer.
J’ai du pain sur la planche pour arriver à avoir quelques chansonnettes audibles. Je veux dire qu’il faut carrément que j’en écrive un max. Que j’en écrive tout court, d’ailleurs !
Ce soir, vu RRRRrrrrrh. Bof, comme prévu. Mais j’ai ri plusieurs fois franchement. J’allais surtout voir qui jouait le rôle pour lequel j’avais auditionné. C’est Pascal Vincent, un des Robin de Bois qui le jouait. Je me demande bien pourquoi ils m’avaient fait venir…
JE NE CROIS PAS QUE C’EST POSITIF
Jeudi 29 janvier 2004
Si je dois croire ce que m’a dit la casting au téléphone, je ne jouerai pas dans " le camarguais ", cette série France 3 avec Stévenin . A priori, je peux lui faire confiance.
TIENS DONC… DE LA CHANCE ?
Vendredi 30 janvier 2004
Certains jours, en refermant la porte de chez soi, on sait qu’on verra partir le bus sous son nez. Il sera là, on le verra mais il sera trop tard. C’est en effet ce qui s’est passé ce matin. J’en étais sûr et c’est arrivé.
Si je voyais des signes partout, comme mes amis devenus bouddhistes (puisqu’on n’est plus communiste et qu’il faut bien occuper son esprit), j’aurais pensé que ma journée était foutue. Hé bé non ! Mon médecin m’a dit que tout allait bien, Serge Meynard m’a rappelé pour me dire qu’il m’envoyait le scénario (ce qui signifie qu’il me donne le rôle dans son téléfilm), Alexandre m’a dit qu’il avait envie d’essayer une de mes chansonnettes dans son tour de chant et Serge et Frédérique Riaboukine m’ont raconté un projet de ciné-comédie et m’ont proposé de m’associer à l’écriture. Bref, une bonne journée.
Bon, il faut dire quand même que le bus, en courant, j’ai réussi à le chopper à l’arrêt d’après…
LE LUNDI AU SOLEIL !
Lundi 2 février 2004
De retour de footing, message de Gami : petit rôle sur téléfilm à Bordeaux possible. Appelé le directeur de production qui appellera mon agent. Rendez-vous la semaine prochaine avec le réalisateur. A moins bien sûr que le fait que je sois parisien avec agent déplaise à la prod qui se serait bien contentée d’un bordelais sans agent !
Nouveau projet de documentaire qu’il faudra que je soumette à Pierre Carles. Je ne vous dis pas le sujet, vous seriez capables de me le piquer !
LE MARDI AUSSI
Mardi 3 février 2004
Ca y est, on est ok pour le tournage avec Serge Meynard. Christine, mon agent a du mal à avaler l'idée que je sois payé comme " bordelais " (-30%). Je la comprends mais elle me comprend aussi. Tout va bien.
Séance d’écriture prometteuse avec Serge et Frédérique. On se lance dans « La poulpetcha », une douce comédie…
L’agent d’Hélène A. a lu notre projet " expérience " et a vu les images. Il semble optimiste. A suivre…
CLERMONT, C’EST LOIN !
mercredi 4 février 2004
Hier soir, SMS de Camille B qui présente son court à Clermnt. Elle venait de voir le court-métrage d’Emmanuel Gras. Peu de temps après, elle passait sur France Culture pour son film (En route mauvaise troupe !) en compagnie de Caroline Baer qui joue ma copine dans le film. Apparemment, c’était le film préféré du journaliste.
Quand quelques minutes plus tard, Emmanuel Gras m’appelait. Je me demandais si j’avais vraiment bien fait de ne pas me déplacer à Clermont (à mes frais !). On croise beaucoup beaucoup de professionnels de la profession.
Mouais… J’ai encore hésité pour finalement renoncer. Trop cher et pas accueilli. Drôle ces moments de frustration. De jalousie, presque. Ils vous font un sale creux dans le ventre !
Coup de fil de Christine, mon agent : on en fera pas le second tournage à Bordeaux. Trop petit. Moi, si elle le dit, je dis d’accord… même si…
JOUR SANS MAIS…
Jeudi 5 février 2004
C’était aujourd’hui la réponse du CNC pour le long métrage que j’ai écrit avec Joël Mespoulède (Des crocos, des hyènes et un chardonneret). C’est non !
Ce type de truc, on a beau s’y attendre, savoir que le projet n’a aucune chance, se dire qu’on l’a présenté davantage pour passer à autre chose, ça reste un échec. Forcément ! Estomac noué. C’est bon pour le régime.
Une petite visite à l’ASSEDIC ce matin pour avoir une idée de mon avenir d’assisté social : hé bé disons que je vais coûter moins cher (euphémisme).
Sinon, j’ai trois projets de documentaires, je travaille à l’écriture d’un long métrage et de pièces radiophoniques, je monte un piti spectacle de chansons…
Mais tout ça, c’est ce que disent tous les artistes qui n’ont pas de boulot. Le seul travail qui compte est celui qui est rémunéré. De ce point de vue, on ne peut pas dire que je bosse beaucoup en ce moment !
Ce journal prend définitivement les apparences du " journal d’un looser ". Etrangement, ce qui me concerne, je reste plus optimiste que vous ! hé hé hé !
JOUR DE POISSON
Vendredi 6 février 2004
Digéré le CNC. Super séance d’écriture avec Serge et Frédérique.
ELLE EST OU, MA PLACE ?
Mardi 10 février 2004
Je me pointe à 10h00 précises à GTV . La dame de l’accueil appelle Sophie. Quelqu’un pour elle ! Je dis à Sophie que je viens pour la lecture de « rédemption », le téléfilm de Serge Meynard dans lequel je dois tourner en avril. Elle écarquille les yeux quand je lui dis ça. Je lui demande si je me suis trompé. Non, non. Elle m’accompagne dans le labyrinthe de la boîte de prod. Ils sont déjà tous là. Michel Aumont et tous les autres.
Serge Meynard : Bernard nous fait le plaisir de se joindre à nous mais il ne lira pas. Il joue le Monsieur pas sympa que tue les enfants. Et comme il ne sont pas là… Bernard, j’imagine que personne ne t’avait prévenu que la lecture avait été avancée à 9h30 ?! De toute façon, comme je t’avais dit, tu pars quand tu veux !
Oui, je n’étais là que pour dire bonjour. Me sentant très inutile, au premier mouvement, je suis parti non sans qu’un des acteurs que je ne connaissais pas me demande si je n’étais pas CRS.
- dans la vie ?
- oui, dans la vie !
- mais non !
- Ah, pardon ! Je confonds avec… heu…
- Oui ben, bonne lecture !
Pas facile d’être un petit rôle « bordelais » qui vit à Paris !
MISES AU POINT
Jeudi 12 février 2004
Les fiches de lecture du CNC confirment d’autres fiches de lecture (fiches que m’avait offertes Why Not Prod). Mais en moins bien dans l’ensemble. Je n’entrerai pas dans le détail…
Coup de fil du comédien qui m’avait demandé si j’étais CRS. Super attentionné, il venait s’excuser de m’avoir confondu avec quelqu’un d’autre. Comme quoi, on ne vit pas forcément dans un monde de brutes. Et j’avais plus trouvé ça drôle que ça ne m’avait vexé. Enfin, je crois… Demain, docu le matin, comédie l’après-midi. Après, on dit que les intermittents ne bossent pas ! …mais c’est vrai que je ne suis même plus intermittent.
NE PAS PASSER SOUS UNE ECHELLE !
Vendredi 13 février 2004
Bon, c’est pas tout ça mais demain, on rejoint les enfants en on fonce à Oloron ! Retour le 21 … Pardon aux accros du journal ! hé hé hé
BONJOUR PARIS !
Vendredi 20 février 2004
Retour d’une semaine de vacances. En passant, vu le 3 X 26’ de Philippe Lespinasse sur son tour de l’estuaire de la Gironde en mobylette et avec Pierre Carles. Un bon moment avec une salle bordelaise pleine d’anciennes connaissances.
Fatigué du retour en voiture…
ALORS LA… !
Samdi 21 février 2004
Après avoir écrit les quelques lignes du journal, hier, je suis allé à la poste pour y retirer un colis. Tiens, on dirait un scénario… Sur le chemin du retour, j’ouvre l’enveloppe. C’est bien un scénario. Il est d’Yves Caumon. Nous nous sommes rencontrés avec Yves il y a près de vingt ans sur les bancs d’un IUT bordelais. On faisait tous les deux du super 8. Mais lui me faisait jouer dans les siens. Il a continué à la Fémis, me distribuant dans ses courts métrages. Il m’a offert un très joli petit rôle dans son premier long (Amour d’enfance). J’aime à dire que c’est mon papa de cinéma (la maman étant Hélène Angel qui a fait que j’ai quitté Bordeaux grâce au superbe rôle de Coco dans son grand Peau d’homme, cœur de bête).
Tout en marchant, je lis la lettre d’Yves qui dit entre autre « Si le rôle de Raymond te plaît, tu peux commencer à apprendre le texte ! ». Je feuillette en vitesse, comme tout comédien qui se respecte, histoire de repérer le nom de mon personnage dans lignes de dialogues. Pas vu de Raymond. Ce doit être un petit rôle bien dessiné comme il aime m’en donner. Je suis ravi qu’il pense encore à moi. Heureusement qu’il y a les copains ! Je vais pouvoir lui demander de réaliser un vieux projet : filmer le making-off du tournage !
Arrivé chez moi, je m’installe à la table de la cuisine pour lire illico le scénario. Ça commence bien. La première séquence est entièrement occupée par mon personnage. Un paysan étrange. J’adore. J’ai pris l’habitude d’ouvrir les films avec des bonhommes un peu décalés (Hélène Angel dans Rencontre avec le Dragon ou Dupeyron dans Inguelesi). Le personnage ne parle pas. En même temps, comme il est seul… Mais il est encore présent dans les dix séquences suivantes, dans la douzième… En fait c’est un rôle muet mais c’est… le… enfin, UN DES PRICIPAUX ROLES, UN QUI SE REMARQUE ENORMEMENT !!!!!!!!!
CACHE-CACHE
Lundi 23 février
Journée très occupée mais beaucoup de place dans la tête pour « cache-cache », le film écrit par Yves Caumon avec la collaboration d’une certaine Emmanuelle Jacob et dont la réalisation sera signée seulement par Yves Caumon.
Il est à noter que plusieurs réalisateurs se battent pour le titre « cache-cache ». C’est bien la preuve que c’est un bon titre !
PROFITEURS !
Mardi 24 février
Un essayage costume à Montreuil, une séance d’écriture à Meudon, un tour de chant à Menilmontant… la journée fût chargée. Pas de commentaires particuliers.
J’ai bien remarqué que tout ce qui figurait sur ce journal pouvait se retourner contre moi ou bien avoir des incidences qui m’échappent. Par exemple, le fait d’annoncer la bonne nouvelle du tournage de cache-cache a fait que des techniciens vont contacter la prod, qu’un réal va appeler Yves parce qu’il a un projet qui porte le même titre… enfin ! Toute prise de parole a des conséquences.
On a l’habitude de dire qu’en parlant des autres on parle de soit. Apparemment, l’inverse est aussi vrai.
Tout ça ne m’empêchera pas de continuer à raconter, au risque du ridicule.
TRAVAIL MUSICAL
Jeudi 26 février
Hier, on s’est fait une séance d’enregistrement avec Alexandre. On a à peine eu le temps de travailler partiellement sur deux morceaux. C’est vrai qu’il faut bosser en musique. Et Là, il faut bien admettre que je suis trop un glandeur qui n’assure pas.
Nous avons déjeuné avec Guilaine Londez et Myriam Aziza (l’âge de raison). Nous avons refait le monde et le cinéma. Reste de l’aprem devant « La planète bleue » avec Raphaël, le fils de mon pote Thierry.
Aujourd’hui aussi, une seconde très très bonne nouvelle cinéma. Mais je n’ai pas encore l’autorisation d’en parler. Disons que si tout se passe comme il semble que ça devrait se passer, à partir de juillet et jusqu’en décembre, ça va tourner un max ! Mais encore une fois, dans le cinoche, l’expérience nous a appris que tant que rien n’est signé, rien n’est fait. Je n’oublie pas que si je ne suis plus intermittent, c’est aussi parce que, l’été dernier, j’ai refusé un spectacle avec Anne Alvaro à cause de 4 jours de chevauchement sur un tournage prévu en août (le producteur a refusé fermement) et que ce fameux film a été annulé 2 semaines avant le tournage ! Si, si, ça existe !
DEPLACEMENT D’AIR
Vendredi 27 février
Alors, des photos, c’est 1.000 balles. Et c’est à Voltaire. Je les ai portées à mon agent dans le 14ème. Un sandwiche et c’est le RER pour Meudon. Séance d’écriture chez Serge et Fred. Résultat : retour à 19:30 à l’appart. Les journées sont bien remplies ces derniers temps… pour pas un rond !
POLICHINELLE
Mercredi 03 mars 2004
Joël Pommerat à Paris Villette : un beau texte, une belle mise en scène, des acteurs bien, un traitement musical intéressant. Il arrive donc de plus en plus souvent que le théâtre produise encore des moments magiques. Il y avait eu « Un hiver sous la table » de Topor par Zabou et le Feydau de Jean-Michel Rabeux (je ne sais pas orthographier son nom !).
Concernant des infos plus personnelles. Devant l’évident constat de ma suractivité peu productive, je commence à envisager un recentrage. Pour l’instant, c’est la musique qui se retrouve reléguée au rang d’amusement lointain. Que ceux qui pensent que je fais bien se méfient !
Bon et puis pour la seconde bonne nouvelle cinéma, tant pis pour le secret ! Vous aurez deviné que je parlais d’ « Expérience », le projet roots que nous avons avec Hélène Angel. A priori, ça va se faire en fin d’année dans des conditions de production très précaires mais c’est aussi inhérent au genre (écriture/impro/équipe ultra light…). En me basant sur les valeurs dominantes, je ne peux pas dire que ce soit le meilleur projet : je ne serai pas riche à la fin. Mais artistiquement, le projet est excitant.
COMPTABILITE
Jeudi 04 mars 2004
Demain, c’est encore écriture avec Serge et Frédérique. Aujourd’hui, glandouille à fond. Mais qu’est-ce qui m’a pris de faire un budget prévisionnel de l’année sur Excel ? Tout y est. Toutes les charges, les impôts, pensions, téléphone, … bref tout. C’est énorme ! Et la rubrique d’à côté qui s’appelle « revenus 2004 », c’est tout petit. Vraiment tout petit. Et l’ensemble, même quand on essaie d’ajouter quelques économies aux revenus, ça fait très peur. Pffffff… Pourtant, si l’on n’est pas totalement irresponsable, il faut bien compter parfois ! Un peu. Pffffff… Je sais, il y en a qui n’ont même pas de quoi compter…
COURTS
Samedi 06 mars 2004
Les nouvelles… Deux courts métrages en vue d’ici l’été. L’un réalisé par Fred Proust est très humour noir. Je ne raconte pas l’histoire. J’y joue un chauffeur de bus, mari de Guilaine Londez. Le second est réalisé par un Monsieur que je ne connais pas encore et que je dois rencontrer mercredi. Le scénario est vraiment intéressant. Un couple d’agriculteurs modernes. Une vache qui s’est enfui. Une cimetière. Une nuit de pleine lune… je ne joue ni la vache, ni la lune ! Pour le reste… séance d’écriture reportée avec Serge et Fred. Du coup, hier, j’ai travaillé en m’amusant beaucoup sur l’écriture d’une pièce radiophonique co-écrite avec Joël Mespoulède (Lui pour l’essentiel). C’est une comédie noire un peu loufoque !
Manif cet aprem. Très peu d’intermittents présents. Ce soir, Théâtre à la Tempête.
BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN
Mercredi 10 mars 2004
Toujours dans l’inactivité la plus prenante : écritures, dossiers docu, coups de fil, essayages, casting (deux cette semaine pour des « guest » télé), rendez-vous professionnels divers. Un truc à Vanves, un essayage à Montreuil, un casting à Boulogne, Ecriture à Meudon, projection à Suresne : l’activité engendre le transport. Et le temps de transport. Vous pensez qu’il faudrait qu’il arrête de se la raconter, le Béber ! Hé bé vous avez tort ! Dans ce fouillis, rien de particulier à relater. Tout juste un peu de fatigue.
JULIE LESCAUT EST ARLESIENNE !
vendredi 12 mars 2004
Est-ce parce que nous allons filmer nos impros pour Hélène que je me suis payé une insomnie ? Peut-être.
Hier, un énième casting pour « Julie Lescaut ». C’est une des seules vieilles séries dans lesquelles je n’ai jamais tourné. La seule pour laquelle j’ai passé plusieurs castings sans résultat. C’est Hélène Bernardin qui me fait venir à chaque changement de réalisateur et… jamais je ne suis pris. Si je devais tirer un enseignement de ces castings séries télé, je dirais que je suis un bon suspect France 2, un peu barge. Bon, mais je n’ai pas le résultat.
CA TOURNE !
Samedi 13 mars 2004
Séance d’impro hier avec Patrice et Marie, pour les besoins d’Expérience. Une heure à partir d’un questionnaire que nous avait concocté Hélène. On a filmé. Je lui passerai la cassette comme on a fait à chaque fois. Je crois qu’on est arrivé à un moment où on aurait besoin de s’investir à fond sur une période définie, plutôt que de faire vite fait, entre deux trucs. Mais comme Hélène est en train d’écrire sur Expérience, j’imagine qu’elle tirera de cette séance quelques pistes de pré-écriture.
Coup de fil de Christine (mon agent Messieurs Dames) pour un casting cinéma la semaine prochaine. Celui-là, je le sens bien ! Mais je n’ai aucun élément objectif pour le penser. Je ne connais pas le réal. Je sais que ça se passe en 45. Que ce n’est pas mon agent qui m’envoie ni la directrice de casting. Qu’Agnès Jaoui jouera l’un des rôles. Je donnerai le nom du réal quand j’aurai passé le casting… gnarf gnarf gnarf… si j’y pense…!
Les dossiers pour le documentaire sont partis dans une bonne douzaine de boîtes de prod. La semaine prochaine, on aura vraisemblablement une piste. Je l’espère du moins.
COUP DE GUEULE
Lundi 15 mars 2004
Voici le mail que j'ai envoyé ce matin à France Inter :
Bonjour Monsieur Paoli et Messieurs les faiseurs de 7-9,
Avant de me lever, je m’imaginais en train de téléphoner à Monsieur Paoli pour lui lancer qu’il ferait bien de tirer des leçons du scrutin espagnol.
A peine levé, j’allume Inter (que j’ai promis maintes fois de ne plus ouvrir) et évidemment, pour commenter cet événement, on m’offre un UMP. C’est comme à l’apogée du mouvement des intermittents (je l’étais encore à l’époque !), la plus grosse journée d’action, le 7/9 avait invité Cherreau !!!! Mais revenons à ce matin. J’aurais pu croire, si j’avais été naïf, qu’il était arrivé un second séïsme. Une nouvel attentat. Une catastrophe. Les voix sont basses. Le ton grave.
Mais je ne suis pas si naïf, je suis un citoyen, comme un espagnol, un être humain doté de raison et capable de comprendre par moi-même. Hier soir, j’ai branché France Info, curieux du résultat espagnol, jusqu’à ce qu’il tombe (attention, je ne suis pas le militant de quelque parti !). Mais pour moi, comme pour la plupart des citoyens, comme la plupart des espagnols, ça n’a pas été une surprise. Un gouvernement peut-il tromper les citoyens comme l’a fait le gouvernement Aznar dans ses dernières heures ? La réponse est claire ! Les plus rigides (comme l’étaient les communistes du temps des goulags), les plus à droite, analysent cet événement comme une victoire du terrorisme, une manipulation de la gauche…
Quelle mauvaise foi ! Ce qui est avant tout condamné, c’est l’attitude hautaine de gouvernants qui ont voulu penser que les citoyens sont des idiots que l’on peut manipuler ! Et ça, Monsieur Paoli, le citoyen, il ne supporte pas !
Alors au bout du compte, je me dis que le 7/9 peut bien continuer sa désinformation, ses petites tentatives de manipulations mesquines, ses petits choix partisans sous couvert d’une information « objective et complète » (elle est tout le contraire !), les citoyens ne sont pas idiots et savent analyser aussi bien et aussi vite que les journalistes. Mais eux, les citoyens, ils n’ont de comptes à rendre qu’à eux-mêmes. Donc, continuez comme ça, proposez-moi Bayrou comme nouvelle opposition (ce que vous allez vous appliquer à faire demain) ! De telles attitudes font naître les louanges des partisans et la colère sourde de ceux dont on nie implicitement l'existence par une information tronquée, truquée, teintée.
Les urnes parleront dès dimanche ! Elles parleront et vous, vous prendrez votre ton des pires catastrophes. Et nous qui rions depuis longtemps de vous, pauvre porte-voix d’un gouvernement de crétins, nous exploserons de joie !
Bernard Blancan
ECRITURES
Mercredi 17 mars 2004
L’écriture de « La poulpetcha » avance. Le trio de plumes que nous formons avec Serge et Frédérique semble efficace. Au rythme de deux séance hebdomadaires, le séquencier se construit tranquilement.
Vu hier soir « Retour à Kotelnitch », le documentaire de Emmanuel Carrère. Ce documentaire glisse au fil des événements, les subissant, les faisant devenir les principaux personnages, loin du sujet de départ. Le réalisateur nous montre même d’autres sujets qu’il a dû délaisser au profit de celui qui charpente le film. En voyant ce film, je me trouve conforté par ma conviction qu’il est absurde d’écrire un scénario de documentaire. Si l’on écrit avant, mieux vaut faire une fiction. Ce sont les producteurs et les financeurs qui exigent un scénario. Souvent avec une mauvaise foi évidente : sachant que le film sera très éloigné du scénario. On sait tous que l’écriture et tournage du documentaire sont au moins imbriqués. Quand ce n’est pas au montage que le film se décide. Il faudrait pouvoir se contenter de se présenter, dire où l’on va, ce qu’on croit y trouver (ce qu’on a envie de raconter) et avec quels moyens. Point.
Ce matin, j’ai rencontré Richard Dembo (la diagonale du fou) pour son prochain film. En fait, il n’y a presque que des rôles d’enfants et celui qui est tenu par Agnès Jaoui. Il m’a donné un tout petit rôle (mais qui se remarque !), visiblement incité à le faire par des gens de son entourage (Agnès J. surtout). Je suis ravi. Je n’ai pas encore lu le scénario mais le réalisateur est sérieux mais sans gravité, sympa mais pas mielleux, simple, direct, confiant. De ceux dont on devine les qualités du film qu’ils vont réaliser.
CASTING
Vendredi 19 mars 2004
La séance d’écriture d’hier a été très brève mais redoutable. Le scénario vire complètement et ne glisse plus aussi tranquillement que je le disais mercredi.
Vu le Rhomer : un immense ennui !
Cet après-midi, je passais un casting pour le Commissaire Moulin. Si, si… Une usine à casting comme il en existe quelques-unes. Les directrices de casting ont 25 ans et s’appellent Marcella, Sonia ou Barbara (genre 3615, quoi !).
Quand vous êtes acteurs, c’est très simple : Caméra, titreur, vous donnez votre nom, prénom, âge, taille, agent puis vous montrez vos profils, un coup à droite, un coup à gauche.
Deux séquences. La première est directement tournée. Une prise suffira à Marbella. La seconde est sensée se dérouler sur un toit. Torturella me demande de bien vouloir la jouer en montant sur la chaise pliante en plastique (si je n’ai pas le vertige !). Pas le temps. On se contentera encore d’une prise. Le réalisateur verra les essais demain en bouffant un mauvais hamburger, une jambe pendant négligemment sur l’accoudoir du fauteuil cuir de son salon, son petit second promenant sa couche puante en braillant devant l’écran plat de son home cinéma.
La différence entre la télé et le cinéma commence là. Mais bon, quand la télé est faite par des gens de qualité, on évite ce type de départ.
Ce soir, je vais présenter Peau d’Homme Coeur de Bête au festival de Créteil. J’ai pas très envie, en fait.
JAOUI DIRE QUE C’EST BIEN
Mardi 23 mars 2004
Quand on a un rhume, on la ferme. Rien à raconter à propos d’hier.
Agnès (Jaoui) m’a dit que j’étais bien dans son film. Il me tarde de voir ça !
Mardi prochain, je vais tourner dans « Expression directe » pour la CGT. J’aurai à jouer un malade qui est bien content d’avoir la sécu.
Joël Mespoulède m’a envoyé les paroles d’une chanson : « lampadaire prolétaire ». Après quelques petits bidouillages de texte, j’ai mis une musiquette simplette et le tour est joué. Je ne suis jamais parvenu à écrire une chanson engagée. Dès que j’essaie, ça devient sentencieux, ça se prend au sérieux et c’est nul. Là, au moins, je prends les paroles et je les mets à distance avec une musique décalée et une interprétation légère. Je ne sais pas pourquoi je n’y arrive pas quand j’en écris les textes. Enfin, voilà une chanson « engagée » qui viendra enrichir le prochain tour de chant. Je ne sais pas quand mais ça viendra.
C’EST LE RHUME QUI ENERVE
Mercredi 24 mars 2004
Journée sans intérêt : fièvre, nez qui coule, impôts…
Demain, départ pour Bordeaux. J’espère que les gars du ministère de l’intérieur ne vont pas trop installer de fausses bombes sur la voie ferrée ! Non, parce qu’on rentre dimanche pour voter. Faudra-t-il vraiment attendre 2007 pour qu’on arrête de se foutre de notre gueule ? Existe-t-il une presse indépendante et honnête en France ? C’est sur ces questions que je vais me coucher…
BORDEAUX
Lundi 29 mars 2004
Bon, les élections… rien à redire.
A Bordeaux, j’allais voir jouer Marie dans « Une heure avant la mort de mon frère » de D. Keene. Je ne la reconnaissais pas. Super actrice !
Au moment où j’entrais dans Bordeaux, mon agent m’appelait pour me dire que j’étais pris pour le téléfilm de Dominique Tabuteau. Bonne nouvelle ! Ne sachant pas que j’étais à Bordeaux, elle venait de remballer une casting qui voulait m’y rencontrer sans me défrayer. On rattrape le coup et dès le lendemain, je me retrouve à passer un essai à la cité Mondiale du Vin avec Benoîte. Il s’agit d’un premier long métrage de Laurent Boulanger adapté d’un roman d’Echenoz (le seul que je n’ai pas : « Un an ») . Je connais le réalisateur et l’apprécie. J’ai lu Echenoz et j’apprécie. Je découvre le personnage et j’apprécie. L’essai, même s’il n’est qu’essai, se passe bien.
Le lendemain soir, toujours à Bordeaux, dans une fête pour les 40 ans d’une copine, je croise au moins une demie-douzaine d’acteurs qui ont auditionné pour le même rôle. Bon…
Le lendemain encore, de retour à Paris (pour voter !), coup de fil d’Aurélie, la casting Paris de Laurent Boulanger (et aussi de Yves Caumon). Il a vu l’essai et veut qu’on se (re) rencontre mardi ou mercredi… à suivre…
TOUS ENSEMBLE
Mardi 30 mars 2004
Aujourd’hui, j’ai tourné dans le bunker de la CGT pour un expression directe sur la sécu. Un petit rôle de malade bien content d’avoir eu la sécu. Quand hier j’ai annoncé à mon agent que j’allais tourner là-dedans, elle a apprécié moyennement (c’est un euphémisme). « Il ne faut pas être étiqueté. Mauvais pour la carrière ! Je préfèrerais te donner le cachet que tu vas toucher. Si tu peux pas te faire remplacer, mets au moins des lunettes ou une moustache !». Du coup, j’étais embêté. Il faut bien que je travaille ! Et puis je n’ai pas honte d’être vu dans un truc de la CGT, heu… a priori. Surtout que là, je ne suis pas le militant de base… Et puis j’ai vu Galotte dans une pub ! C’est pas mieux.
Bref, on s’est retrouvés avec une partie de la bande de Contis, on a bien rigolé, j’ai mis des lunettes et ça passera deux fois en tout et pour tout, à des heures improbables. Ces trucs là, c’est pas fait pour être vu. Mais attention, on l'a bien fait!
Bon mais demain, à 10 heures 30, rendez-vous avec Laurent Boulanger pour un petit rôle que je veux vraiment.
YES !
Mercredi 31 mars 2004
Fin du suspense. Laurent Boulanger me confie le rôle de Jean-Pierre Castel dans son premier long métrage adapté du roman de Jean Echenoz « Un an ».
Plein de circonstances hasardeuses ont conduit à cette bonne nouvelle (lire les jours précédents). Le scénario est super. On sent une parenté évidente entre Laurent Boulanger et Jean Echenoz, au-delà de l’adaptation. Il ne me manquait qu’un bouquin du romancier à lire et voilà que je le découvre par le biais du film. Pas mal !
Mon personnage fonctionne en duo (il faudrait dire d’ailleurs en couple !) avec Jean-Pierre Poussin. Poussin & Castel! ça sonne comme un duo de cabaret ou une marque de pinard. On saura en fin de semaine qui joue Poussin. J’en dirai plus sur la distribution quand je serai sûr de ne pas trop écrire d’âneries. En tout cas, le film démarre la semaine prochaine ( !). Je tourne 3 jours en mai.
Je vais retrouver Olivier Chambon qui a fait l’image de mes deux courts métrages et Carole Kornman qui fût la scripte de mon second. J’ai rencontré Laurent au premier festival de Contis dont je remportais d’ailleurs le prix avec « Lartigue expose ». C’était il y a 7 ou 8 ans.
En dehors des amours littéraires que nous avons partagés ce matin avec Laurent B. j’ai trouvé un nouveau fan de « Lost in Translation » ! N’en déplaise aux faiseurs de moue…
POISSON douteux
Jeudi 1er avril 2004
Jean-Pierre Raffarin m’a contacté pour un portefeuille : le mien.
PRESQUE TROP
Samedi 3 avril 2004
Les productions s’agitent. Trois tournages en avril-mai. Et évidemment, le 5 mai, je devrais à la fois tourner pour le film de Laurent Boulanger et pour le téléfilm de Dominique Tabuteau. A priori, le film ne peut pas changer et le plan de travail du téléfilm vient juste de se décider. Il est donc possible qu’un des tournages s’annule. Ma situation financière (plus intermittent, sans ASSEDIC…) rend la chose pénible.
Mon partenaire de jeu dans « Un an » sera Laszlo Szabo. Il y aura aussi Denis Podalydès et Hippolithe Girardot. Victoire, le personnage principal, c’est Natalia … je ne me souviens plus de son nom…
AU BOULOT !
Lundi 5 avril 2004
Fabienne Gaudet vient de m’appeler pour me confirmer que son long métrage allait se faire en août-septembre. Olivier Gourmet en est l’acteur principal. J’y jouerai juste une séquence avec Dominique Blanc. Mais quelle séquence…
Vu ce soir « Viva LAldjerie » de Nadir Moknèche. Très agréable moment avec notamment une magistrale Biyouna qui à elle seule vaut le détour. Il n’y aura pas que le Jarmush, cette semaine !
C’EST PARTI !
Mercredi 07 avril 2004
Séance de travail hier avec Yves C. Il s’agissait plutôt de discuter, écouter de la musique et faire quelques prises de vues vidéo. En soirée, nous sommes allés au théâtre voir jouer une comédienne dont il aimerait qu’elle joue dans le film (je raconterai plus tard…).
Entre temps, séance d’écriture chez Serge et Fred : on tient le canevas du film. Reste à rédiger correctement le séquencier.
Christine, mon agent, m’a arrangé l’affaire pour les tournages qui se chevauchaient. J’y perds un jour sur le téléfilm mais je garde les deux tournages.
Ce jour, rien de notable.
VACHE A ZEBRA
Samedi 08 avril 2004
Des nouvelles de Guy-Marie Lopez pour le court métrage (Comme Une Vache) qu’on doit tourner en juin du côté de Clermont.
Jacky Zebra me demande de ré intervenir en août à Pissos (Landes) pendant le festival de cinéma. Il y a trois ans, j’avais fait l’andouille avec une caméra vidéo. Impro totale avec sujets « journalistiques », clips, feuilleton avec les gens… le tout projeté avant la séance du soir. C’est du grand bonheur mais il n’y a que 5.000 balles (2.5OO quand déclaré) pour 3 à 5 jours. Vous me direz, que ça fait du 10.000 balles par mois ! Mais comme je ne bosse pas un mois, ça fait bien 2.500 balles… Tu vois le principe ? Quand t’es intermittent, t’acceptes parce que tu sais que l’ASSEDIC complètera. Le système devient subventionneur en permettant à des petites structures d’embaucher pour des cacahuètes. Mais là, je me demande…
Cache-cache avance.
Deux castings pour des long-métrages. Un mardi prochain pour un film à gros casting (un petit rôle que se remarque pas forcément). Le second le 24 pour un premier long. Une déambulation parisienne avec des rencontres. Je ferais partie des rencontres (pour l’instant, je n’en sais pas beaucoup plus).
ÇA CASTE !
Mardi 13 avril 2004
Passé ce matin un casting pour un petit rôle qui se remarque dans un film à gros casting. Reçu par le directeur de prod (un copain) puis directrice de casting, un assistant, un comédien (un vrai) qui donne la réplique, et un réalisateur qui rigole. Réponse dans 15 jours (pour une journée de tournage en juin). Dores et déjà, un moment agréable de passé…
Départ tout à l’heure pour Bordeaux (tournage de Serge Meynard). Retour le 22.
Si les producteurs veulent bien me payer le voyage, je ferai un saut à Paris le 19 pour la projection de « Connaissance du Monde » de Philippe Fernandez (que nous avons tourné sur l’Ile de Pacques). Mais c’est pas gagné : les producteurs semblent encore plus pauvres que moi… Au 22, donc !
TIR GROUPÉ
Mercredi 21 avril 2004 (période du 13 au 21 avril)
Mardi 13 : Alors que je dois arriver à Bordeaux à 20h19, un coup de fil d’une secrétaire de production m’annonce qu’il y a erreur : contrairement à ce qui est indiqué sur ma feuille de route, je ne serai pas à l’hôtel puisque j’ai été recruté « bordelais ». Je réponds qu’il est un peu tard pour m’en informer. Me voilà donc au Mercure. Coups de fil, visite nocturne, je récupère les clés de copains qui sont partis en vacances. L’affaire est réglée pour les autres jours.
Mercredi 14 : Mon « transport » sur le lieu de tournage est effectué le directeur de production que j’appellerai « Django » pour ne pas le nommer directement. Les autres s’entassent dans des monospaces. En fait, Django a décidé de me faire la leçon : « J’ai laissé un message à Anne L. (casting bordelaise) pour lui dire que ça suffit ! On prend des bordelais pour de questions de frics… alors s’il faut payer le train et maintenant l’hôtel, il y a tromperie ! ». Je lui démontrais le malentendu, ma bonne foi, l’histoire de la feuille de route. Dès que je l’ai reçue, j’ai appelé mon agent pour lui manifester mon étonnement d’avoir un hôtel. Elle trouvait ça normal.
Au fond, je pensais qu’il y a un drôle de système, en temps de crise, qui fait qu’on rabiote de partout. Mais je ne m’étendrai pas sur la question des vrais-faux régionaux.
Le tournage, en tout cas, se passe très bien. La lagune d’Hostens. Eau noire et reflets de landes. J’y joue un évadé moitié clochard qui va se faire buter par des enfants dans les années 70. ça crie, ça traîne dans la terre, ça assomme avec un branche, ça ronfle et puis il y a le pistolet… Apparemment, Serge Meynard s’amuse autant que nous à trouver ses cadres et sa mise en scène.
Dans la journée, Karé (producteur) m’informe que mon billet Paris/Bordeaux sera pris en charge pour aller à la projection de « Connaissance du monde, drame psychologique » de Philippe Fernandez (Film tourné sur l’Ile de Pacques).
Coup de fil sympa de Sophie Q., la copine productrice du film de Fabienne Gaudet. Comme quoi, le monde n’est pas fait de Djangos… Il m’a vexé, celui-là !
Récupéré appart (plus sympa que le Mercure) et voiture (chez la Mamie).
MESSAGE IMPORTANT à l’attention des lecteurs : « Chez les ploucs », le restau, c’est pas du second degré !!!
JOHNNYYYYYYYYYY !
Jeudi 15 : Coup de fil à mon agent pour lui conter les mésaventures avec Django. Incident clos. Tournage laborieux (couché dans la gadoue et traîné dans la terre) mais détendu.
Appel de la casting de la semaine dernière : je suis pris sur le long de Daniel Firode ! Je vais donc jouer avec Johnny hé hé hé ! Oh, juste un jour… mais bon. Le personnage est vachement rigolo. C’est aussi un directeur de prod non-django qui m’a fait rencontrer le réalisateur ! Merci Philippe !
Ce soir, Marie m’a rejoint à Bordeaux et là, commencent des vacances PRIVEES !
CONNAISSANCE DU MONDE
Lundi 19 : Départ dans l’aprem pour la projection du film de Fernandez. Première fois que je vois le film. Il a assuré le monsieur. Le climat est singulier, les images (16mm Bolex) volontairement seventies sont belles, l’acteur (moi-même) est pas mal. Le film joue avec le genre connaissance du monde, avec le temps (rythme), taquinant les zones d’ennui pour recaptiver derrière. Pas du « grand public », certes mais un travail fascinant (au sens littéral) qui s’inscrit dans la durée. Je suis dans tous ces courts et moyens métrages, avec mon costume gris étriqué, ma chemise blanche et ma cravate. Espèce de représentant de commerce « philosophe ». Le précédent film qui a d’ailleurs été projeté ce soir là était aussi tourné dans la lagune d’Hostens (Réflexion).
Parmi les spectateurs, Hélène Angel (je dis juste ça pour fayoter un peu, parce qu’elle lit le journal). Mais il y avait aussi Alex et Françoise, Philippe, Franck, Paul, Francis…
FIN DE TOURNAGE
Mardi 20 : Dernier jour de tournage. Couché, « ivre-mort », ronflant sur un matelas crasseux dans une ruine saldingue. Rigolo à faire. Equipe sympa.
Le soir, au pot de fin de tournage, il y a Django : « On oublie tout ! C’était des malentendus. Serge est super content de toi. Il me l’a dit. C’est ça qui compte ! ». Plus loin, Anne L. (casting bordeaux) lance au chef machino en me montrant : «lui, il est à moi ! C’est le seul bordelais qu’ils ont pris !». Ahhhhh, la télé, le ciné, Bordeaux, Paris…
DE LA NOUVELLE !
Jeudi 22 avril 2004
La nouvelle, c’est que le film d’Agnès Jaoui, « Comme une image », est en compète à Cannes !!! J’y joue une petit rôle « qui se remarque » ! Donc heu, ça veut dire que Tarantino va me voir et réaliser qu’il a oublié de me faire tourner dans ses films. Mais je ne sais pas si j’accepterai parce que je ne suis pas fan de son Kill Bill I …
Je ne peux rien dire sur le film puisque je ne l’ai pas vu. Mais j'ai franchement aimé le scénario et la rumeur sur le film terminé était bonne. En tout cas, je me suis régalé au tournage. Agnès J. a une approche très concrète du plateau, se permettant de laisser jouer la scène avant de décider des cadres, très proche des acteurs, en complicité, avec des dialogues et des situations qui sont de merveilleux terrains de jeux.
COMME UN PIED GAUCHE
Vendredi 23 avril 2004
En relisant le texte d’hier, j’ai constaté que j’écrivais comme un pied. Bon…
Ce matin, casting pour un long métrage de Ilan Flameur. En fait, il ne s’agissait que d’une rencontre avec le réalisateur. Norah H, la casting m’a présenté comme l’acteur fétiche d’Agnès Jaoui. Si, si ! Oui, parce qu’en fait, j’ai joué dans tous ses films. Enfin, dans le Goût des autres, puisqu’elle n’a réalisé que celui-là, je jouais Jean-Paul II. Mais la séquence a été enlevée vu qu’elle n’était pas dans le scénario! D’ailleurs, je me demande si j’ai vraiment tourné cette séquence… En y réfléchissant bien et en fouillant dans ma mémoire, je dois admettre que je ne trouve aucune trace de ce tournage… Non, c’est bien ça, je n’ai tourné avec Agnès que dans « Comme une image ». Et un tout petit rôle. Je me demande si ça suffit pour dire que je suis son acteur fétiche. Bref, il faut que je fasse une cassette pour le monsieur.
Pour être honnête, si Norah a dit que j’étais l’acteur fétiche d’Agnès, c’est parce qu’elle a insisté auprès de Norah pour qu’elle me présente à Richard Dembo. Du coup, elle (Norah) en a conclu que j’étais son… acteur fétiche ! En tout cas, merci Agnès!
RENCONTRE
samedi 24 avril 2004
Un samedi ensoleillé à 20°, il ne peut se passer grand chose de professionnel ! Je parlerai donc d’hier. Dans l’après-midi, nous avons, avec Fred et Serge renoué avec notre exercice d’écriture. Le scénario, ou plutôt le développement, avance sûrement, avec la même complémentarité des « plumes ».
Le soir, repas chez Eymeric et Kitri, en compagnie de Diane, Virginie et Tristan, puis Charles ( ?) qui nous a rejoint très tard. Rien de professionnel, là-dedans me direz-vous ! Et pourtant…
J’ai croisé plusieurs fois Eymeric depuis plusieurs années par le biais d’amis communs bordelais. Et je l’ai croisé pour la dernière fois lundi, à la projection du film de Philippe Fernandez, en compagnie de la petite bande présente hier soir (Virginie va produire son prochain long !). Mais au-delà de ces liens en pointillés et du vecteur « Fernandez », nous avons en commun avec Eymeric des velléités de chansonnettes et un goût prononcé pour la mise en jeu musique/image. Quand je lui ai parlé du conseil d’un ami de faire du scopitone, Eymeric s’est empressé de me montrer ses réalisations dans le domaine. Du coup, l’idée d’un tour de chant partagé avec vidéo scopitonée a germé. A suivre…
CULPABILITE
dimanche 25 avril 2004
Vu Starsky hier soir… Mais oui !… Et alors ? ça fait problème ?… Hé ben, on a bien rigolé!
Mettons à profit ce jour chômé pour jeter un petit coup d’oeil sur ce journal. Non, non, je ne vais pas le relire mais juste apporter quelques aménagements et précisions.
Hier soir, pendant Starsky, au moment où l’on découvre que Huch est victime d’un rapport administratif fait par son collègue, j’ai été envahi d’un sentiment de culpabilité. Impression de faire preuve d’une certaine traîtrise. En effet, comment qualifier les petits commentaires narquois que je jette en pâture sur la toile, au sortir d’un casting ou d’un tournage ? Les protagonistes que j’épingle (même gentiment) sont-ils au courant que je vais parler d’eux?
Je sais bien que ce n’est pas un journal sur lequel le web se jette au lever du jour. Mais tout de même, certains mails d’inconnus m’ont démontré que n’importe qui pouvait accéder à ce site. Telle adolescente me demandait, admirative, des infos sur le tournage de « A live » dans lequel j’ai une séquence de 38 secondes. Un autre me demandait les coordonnées d’un casting pour caser son gamin dans le film de Richard Dembo…
Bref, prompt à attaquer Paoli sur des questions de déontologie, je ferais bien, à ma minuscule échelle, de balayer devant ma porte virtuelle.
Donc, c’est décidé, je ne me moquerai plus que des méchants ! Et des autres aussi, un peu, comme de moi-même… mais dès aujourd’hui, je vais modifier deux trois passages dans les jours passés. Hé bé oui !
Bon, mais on ne change pas vraiment. Ça ne veut pas dire que je vais prendre un faux ton neutre et objectif. De même que je ne vais pas pratiquer une sévère autocensure. Tout juste être un brin plus prévenant.
Concernant le rapport intime et professionnel. Ce journal n’est évidemment pas intime dans le sens où je ne parle pas de mes enfants, de mon amie, de mon élevage de coccinelles bleues, de ma vie sexuelle… Je n’y couche, pour l’essentiel, que les affres de ma vie professionnelle ou à vocation professionnelle. Mais je dois admettre que ce champ occupe une très large part et influe de façon non négligeable sur l’intime. Si je devais faire un vrai journal intime, je le garderais pour mon ordi ou mes tiroirs ou bien me cacherais-je derrière un pseudonyme.
Pour revenir à la routine de ce même journal, j’en suis à moins 6 kilos 5 ! Oui, dans les premiers jours de l’année, vous aurez pu lire que j’allais me bouger et perdre du poids. Je trouvais que la surcharge pondérale que m’avait valu l’arrêt brutal du tabac ne me valait rien. Ma tête anguleuse, mi drôle – mi inquiétante, devenait plus douce, plus apaisée, les yeux se refermaient un peu, prenant modèle sur ceux du chat repu qui, au soleil, réfléchit à l’opportunité de faire une petite sieste.
Ça ne pouvait plus durer ! En dehors du fait que je ne me supportait pas dans cette mollesse, j’étais persuadé que cet affadissement allait nuire à ma petite carrière d’acteur. Il faut bien donner des explications concrètes aux longues périodes pendant lesquelles on n’a plus de boulot et où les castings se résument à un déplacement hors de chez soi, sans autres conséquences.
De fait, dès que j’ai lu « Cache-cache » de Yves Caumon, j’ai compris qu’il faudrait que je maigrisse pour le personnage. Il en était de même pour « Expérience » d’Hélène Angel dans lequel je vais jouer un miséreux.
Sinon, toujours l’attente pour la confirmation du tournage de « cache-cache » dans les délais espérés. Le casting des « stars » n’est toujours pas arrêté.
Encore une belle journée qui devrait nous éloigner des salles obscures pourtant si proches et dans lesquelles on peut voir quelques films à teneur plus consistante que Starsky et Huch. Mais, j’ai bien ri.
BOULOT GRATUIT
Lundi 26 avril 2004
Journée d’un intermittent (que je ne suis plus dois-je systématiquement rappeler). Paperasses. Confection cassette et lettre pour le réalisateur que j’ai rencontré vendredi. Livraison de la dite cassette à l’adresse de la production. Travail à la préparation du dossier pour la session 2004 de l'atelier de scénario Equinoxe : on dépose « Des crocos, des hyènes et un chardonneret ». Pas le temps de finir aujourd’hui… Achat d’un short. Mails et journal. Footing. Rasage de la barbe naissante que j’avais dû faire pousser pour le tournage de Serge Meynard (il fallait que je laisse un délai au cas où il aurait fallu retourner). Terrasse avec des copains. On s'est caillé! Du coup, soirée appart. Intéressant, non ?
OBCESSION ET CHUTE
mardi 27 avril 2004
J’ai écrit hier que j’avais fait un footing. En fait, mon emploi du temps ne me l’a pas permis. Ce matin, après un bref mais douloureux passage sur la balance, j’ai décidé de rattraper sans tarder cette séance de course trop vite annulée.
C’est à 9h30 que je m’élançais fièrement sur les berges du bassin de la Villette, direction Pantin et son canal de l’Ourcq. Je devais faire bonne figure dans mes chaussures neuves toutes blanches et mon short Adidas. Surtout, avec dans les oreilles les écouteurs du mp3 ! Les premières 10 minutes furent pénibles. Plus de souffle. Et vas-y que je crache ! Mal aux gencives. Menace du genou droit. Il y a un moment que je n’avais pas réglé la machine en position course ! Un monsieur à l’embonpoint justifiant qu’il coure me dépasse. Pfffff.
Mais finalement, une fois passé le pont qui marque la fin du parc de La Villette, le rythme devient bon, la foulée légère et plus ample. Je peux à nouveau croiser le regard des joggeurs sans rougir. Il me prend même de m’abandonner à un petit signe de connivence de la tête vers un solide gaillard à la foulée longue, un peu comme le faisaient les motards qui se croisaient dans les année 80.
Sur le chemin du retour, la tête pleine de promesses de parcours allongé pour les prochaines fois, vladaboum patatras ! Je m’étale de tout mon long sur le pavé, le pied piégé par une de ces espèces de gros anneaux rouillés qui bordent les eaux, destinés jadis à l’arrimage des lourdes péniches chargées de charbon descendant du nord. Il y en a tous les trois mètres de ces foutus anneaux ! Alors qu’il n’y a presque plus de bateaux ! Ils trouvent que ça décore ou quoi ?
Bref. J’ai un poignet bleu et hyper douloureux, je tape ce texte avec des pansements au bout des doigts de l’autre main. Et puis il y a une épaule, un coude, une hanche, un genou…
Comme quoi, la course à pied peut avoir des effets néfastes !
Envoyé un mail minable à l’attachée de presse de « comme une image » pour savoir si je pouvais aller à Cannes. Je ne couperai pas au coup de fil à la réalisatrice ! Je sais par Serge Riaboukine que les acteurs aux rôles plus importants ont été appelés…
Aujourd’hui, journée absolument décisive pour « Cache-cache » de Yves Caumon. Je n’en connais pas le résultat. Il rencontrait une nouvelle actrice pour le personnage de la mère. Mais plus le casting est retardé, plus le film a des chances d’être repoussé.
Séance d’écriture cet après-midi chez les Riaboukine. On a quasiment fini le séquencier. Mais pas tout à fait.
CACHE-CACHE OU PAS CACHE-CACHE ?
Mercredi 28 avril 2004
Bouclage du dossier Equinoxe. Envoyé ! Médecin, clinique, radio. Pas de fracture. Confirmation demain. Putain, cette gamelle !
Pour « cache-cache », il faudra encore attendre juin pour savoir si on tourne dans les délais prévus ou si on repousse. Je pourrais faire étalage des rapports production/casting mais ça n’apporterait pas grand chose.
Vu le dernier spectacle louftingue de J.J. Vanier à l’Européen. De supers moments avec un pont de Juvisy d’anthologie !
Il est tard.
CANNES OU PAS CANNES ? plutôt pas !
Jeudi 29 avril 2004
Toujours la prise de tête pour me décider à propos de Cannes : j’y vais ? J’y vais pas ? Une seule certitude : je n’y suis pas invité !
Ce matin, j’allais voir les films Talents Adami au Cinéma de Cinéastes. Prout prout pouet pouet. J’étais avec Serge R. Ces courts métrages ont pour fonction de faire connaître de jeunes acteurs. Mais on leur écrit tellement des rôles destinés à montrer leur palette d’acteur, que ça en est parfois grotesque. On les fait rire, pleurer, crier, comme s’il s’agissait là des seules expressions humaines et qu’on soit obligé de passer de l’une à l’autre sans transition…
Coup de fil à l’instant de mon agent. Elle me déconseille d’aller à Cannes pour le film d’Agnès Jaoui. Je ferais mieux d’attendre l’année prochaine et d’y être avec le Caumon et un vrai rôle remarquable (ça serait trop juste pour Expérience, Hélène !). Mimie, une amie qui n’est pas du milieu (bien que bordelaise) me donnait le même avis en mail, en début d’après-midi. L’affaire est réglée ! Si j’étais riche, je me paierais juste un aller-retour pour la projection mais soyons réalistes, ça n’est vraiment pas le cas !
A ce propos, reçu ce matin mon salaire du tournage Bordelais ! Je comprends pourquoi Django m’avait fait signer mon contrat à toute vitesse, sur le plateau, le deuxième jour de tournage, sans que j’ai le temps de lire ce que je signais. En tout cas, ni ce salaire ni le contrat que j’ai signé pour le tournage du film de Laurent Boulanger ne correspondent aux sommes que m’avait annoncées mon agent.
Du coup, j’ai rempli mon dossier de demande de Congés-Spectacles (équivalent des congés payés).
Demain, tournage avec Claude Brasseur.
DOUTES ET CHIFFRES
Vendredi 30 avril 2004
L’incertitude, les lendemains en forme de point d’interrogation, c’est le lot des comédiens. Et comme par hasard, plus les projets sont importants, plus les rôles sont ceux dont vous rêvez et plus c’est fragile.
Cache-cache devrait démarrer en août. Mais ça, je ne le saurai qu’en juin avec une quasi certitude. Evidemment, si j’étais un nom qui rapporte à la place d’être un inconnu notoire sur qui on ne mise pas un centime, les choses seraient plus simples. On dirait « Eh ben, si c’est lui le rôle principal, pas de problème, on met 9000.000 (°Ë) ! ». Mais là, on est obligé de demander à des stars de jouer des rôles pas assez importants pour elles ou bien ne collant pas suffisamment avec le personnage. Résultat, ça coince ! Leçon de l’histoire, les acteurs deviennent des banquiers indirects. Plus ils coûtent cher, plus ils rapportent. Quand vous pensez que je vais tourner dans « Un an » pour… heu… non, je peux pas dire la somme, je vais me griller !
Pour Expérience, c’est un peu différent puisque le projet a été accepté avec le casting clé en main. Et c’est un projet en équipe réduite et à « petit » budget, comme son nom le laisse supposer… Les choses devraient être plus simples en terme de production mais pour l’heure, il est impossible d’affirmer qu’on va tourner avant la fin de l’année (en théorie, c’est en novembre/décembre mais il faut aussi se caler avec l’emploi du temps de mon partenaire en voie de starisation – « Deschien » oblige). Et puis, il faut quand même trouver les sous !
Donc résultat des courses, sur les rôles de ma vie qui vont me donner des ailes, plane une lourde nuée d’incertitude qui met forcément la pression.
Au-delà des contingences artistiques, il y a aussi les matérielles. Et là… taisons-nous !
Enfin… aujourd’hui j’ai donc tourné dans un téléfilm réalisé par Dominique Tabuteau avec pour partenaire de jeu Claude Brasseur. Hors mis le fait que j’ai poireauté grave (convoqué à 14h30 pour tourner à 17h30) ça s’est très bien passé. Je jouais le rôle d’un père de famille dont la fille a été assassinée. La douleur. Le vide.
L’absence. Claude Brasseur est Keller, le commissaire chargé de l’enquête.
J’appréhendais la rencontre avec le Monsieur. Quand à la première répétition, tandis qu’il mangeait une banane il a lancé à l’équipe « je pourrais laisser la peau de banane parterre pour qu’il se casse la gueule (il parlait de moi). Ca serait drôle, non ?! », j’avoue que j’ai eu un peu peur. Mais après, il a montré un grande écoute, on jouait ensemble, c’était très agréable. Très généreux Monsieur Brasseur !
Bon mais il est vrai qu’on ne devrait pas s’étonner qu’un acteur joue et écoute ! Mais ça, c’est une autre histoire, celle des acteurs/banquiers…
L’ARGENT
Lundi 3 mai 2004
Certaines considérations comptables n'ont strictement aucun intérêt pour le lecteur. Je vous laisse juge!
Arithmétique. Aujourd’hui, j’ai juste à demander confirmation à mon agent que le tournage de « un an » est repoussé de un jour. Ce qui ne tombe pas vraiment bien puisque quand nous avions demandé, le mois dernier, qu’il soit repoussé d’un jour, afin que je puisse tourner mon troisième jour dans le téléfilm de Dominique Tabtuteau (C.Brasseur…), la prod avait refusé. Du coup, la production du téléfilm avait modifié le plan de travail et je me retrouvais avec deux jours de tournage au lieu de trois. Résultat: j’ai perdu un jour de tournage pour rien. Et un jour normalement payé (supérieur aux trois jours réunis pour « un an »).
Conclusion : dans ce métier, les changements sont rarement favorables.
FINALEMENT
Mardi 04 mai 2004
Tournage agréable dans le téléfilm de Dominique Tabuteau, avec un Claude Brasseur décidément très sympa (plaisanteries, rigolades). Bon, après, le truc, c’était le texte que je devais jouer… Mais j’ai signé, j’ai joué et c’était pas facile !
Demain, je pars pour Bordeaux jusqu’à dimanche. Je vais tourner dans « Un an » réalisé par Laurent Boulanger, d’après un bouquin d’Echenoz. Je vais jouer un personnage qui vit avec un pote dans une grande cabane perdue au milieu des pins. Anciens techniciens qui après un licenciement ont choisi la marge. Et par la même occasion, sont devenus homos. Mais c’est anecdotique dans l’histoire. L’univers d’Echenoz (et notamment vu par Boulanger) est assez Beckettien (il n’est pas à Minuit pour rien !). Et il me plaît bougrement de jouer un personnage Beckettien pour le cinéma ! Je raconterai au retour !
Pour le reste, « Cache-cache » avance vers l’objectif du tournage mi-août/mi-octobre. Le casting semble se préciser sans gros nom. Ce qui laisse présager des conditions de productions plus difficiles mais qui donne à Yves Caumon l’assurance d’un casting choisi. Tout va bien !
Expérience, par rapport aux disponibilités de mon partenaire de jeu principal, va sans doute devoir glisser vers janvier. A suivre, donc.
…révolte
Mercredi 05 mai 2004
J’apprends la mort du fils d’un copain. Une dizaine d’années. Méningite. L’horreur absolue.
Tournage de « Un an » à Bordeaux du 06 au 08 mai 2004
La nouvelle injuste du décès de Marius pèse et vient nimber d’une profonde tristesse tous les faits et les choses. Pourtant, dans le cercle du tournage, étranger à l’événement, la vie s’impose.
Pendant ce tournage, j’apprendrai notamment que Serge Meynard, avec qui j’ai tourné «Rédemption » du côté de Bordeaux aussi, va me distribuer dans le téléfilm Arte qu’il tourne au mois d’août. J’apprends également que « la poulpétcha », titre provisoire du scénario que nous travaillons avec les Riab, est en train de recevoir un échos prometteur dont je parlerai plus tard. J’ai aussi retrouvé les hypothétiques producteurs de mon futur court métrage. Sans parler de Maël qui me verrait bien tourner dans le sien.
Le tournage lui-même est un vrai plaisir artistique et humain. L’univers Echenoz/Boulanger est très littéraire et singulier, jouant avec l’absurde, le grotesque et la tristesse.
Je connais une grande partie de l’équipe, à commencer par Olivier Chambon qui fît l’image de mes propres courts métrages et que j’ai rencontré dans les premiers films d’étude de Yves Caumon. Carole, la scripte l’a été aussi sur « Chiche ! », mon second… Bref, c’est en famille, au milieu des bois, dans une bergerie décorée en habitation bricolée dans laquelle l’héroïne du film (Natalia Dontchéva) va être recueillie par deux marginaux (Laszlo Szabo et moi-même). Les scènes qui se jouent sont des petites perles d’étrangeté comique et touchante. Que du plaisir !
Laszlo Szabo est une figure marquante de la Nouvelle Vague. Il a tourné pour Godard, Truffaut, Chabrol… Il vit aujourd’hui à New York. Cette image forte, cette icône vivante a beaucoup impressionnée le réalisateur et le chef-opérateur. Voir s’animer un mythe ! Plus inculte et moins encyclopédique, j’ai moins été impressionné par ce bonhomme qui ne fait pas une phrase sans citer trois morts du dictionnaire du cinéma. Sans compter que, conscient de son statut de portrait noir et blanc, Laszlo a commencé par me piquer un élément de costume puis m’a refilé deux répliques savonneuses qu’il n’arrivait pas à dire !
Mais au bout du compte, j’ai été très heureux de rencontrer ce monsieur touchant et à la personnalité peu banale ! Et à l’image, il me semble que le duo que nous avons formé fonctionne très bien !
Maintenant, j’attends un coup de fil pour savoir si je vais à Cannes ou non (juste pour la projection de « Comme une image », retour le lendemain). J’ai déjà le costume, les horaires de train et le logement. Ne manque plus que l’entrée au Palais !
RETOUR
Mardi 11 mai 2004
Bonjour, lecteur !
Cette journée de mardi a été une journée de retour maison. Administrativités. Rendez-vous chez le banquier. Coiffeur. Une heure de footing (Stalingrad-Romainville ou Camaron-Radio Head selon la compil qui défile). Pour finir, un spectacle amateur pour y voir Eliane, la rigolote de « En route mauvaise troupe » de Camille Bialestowski. J’en ai beaucoup voulu à l’animateur qui prend ses élèves en otages pour nous imposer, en fin d’année, sa prose bavarde et suffisante. Pffff que c’est long, parfois, une heure et demie!
Toujours pas de nouvelles de Cannes.
A demain, lecteur !
COMMENT JE N’ECOUTE PAS LES CONSEILS
Mercredi 12 mai 2004
Je triche un peu. J’écris cette page le 13 au matin. Hier donc, pas grand-chose. Mais des nouvelles pour la suite.
Hélène Angel a revu Paolo. Du coup, Expérience se concrétise encore davantage. On a un planning d’écriture, de répétition/préparation et de tournage (a priori, janvier-février, pour satisfaire Patrice T. !). ça fait du bien d’envisager l’avenir dans le concret !
Concernant « Cache-cache » (Yves Caumon pour ceux qui ne suivent pas), on part donc sur un tournage août-octobre en Midi-Pyrénées avec Lucia Sanchez et ...
Toujours pas de nouvelles des Films A4 pour une place à la projection. Je vais envoyer un mail !
Coup de fil pour m’annoncer que je tourne dans un court métrage (avec Mathieu Amalricq aussi, d’ailleurs) les 7 et 8 juin. En fait, j’avais rencontré la réalisatrice, Annick Raoul, il y a plus d’un an. Le film avait été reporté. J’avais fini par l’oublier.
Croisé Richard Dembo qui m’a informé que ma scène dans son film a été sauvée de justesse. Il a dû couper 5 minutes de scénario. Tournage en septembre (un jour en Midi-Pyrénées : on devrait trouver un arrangement avec « Cache-cache » !).
TOUT VA
Jeudi 13 mai 2004
Reçu le scénario de Serge Meynard pour son téléfilm Arte du mois d’août. Il m’offre un beau rôle d’homme des bois dans l’univers polaro-onirico-fantastique du « Crime des renards ». Quelques jours de tournage. Serge Meynard, c’est avec lui que nous avions tourné près de Bordeaux. Ca avait été très agréable. Mais c’est sur son tournage aussi que « Django » m’avait emmerdé pour une question de vrai-faux bordelais… La problème ne se posera plus puisque, d’une part, il n’y aura pas Django et d’autre part nous tournons en Franche Comté. Très content de la perspective de ce tournage !
Avant de terminer la soirée à la fête de fin de tournage de « Un an », nous sommes allés, avec Marie, voir Scan à Chaillot. C’est un spectacle de copains bordelais. Michel Schweitzer met en scène le rapport de l’art à l’argent. C’est bien fait ! On s’y emmerde. Parfois un instant nous arrache un rire franc qui tient souvent du « hé bé si, ils l’ont fait!». On se croît au loft ou à la ferme. C’est un vrai foutage de gueule. Je ne suis pas certain que le but « pédagogique » de cette « entreprise » ait dans sa forme une utilité quelconque auprès du public « intello-petit bourgeois » des salles de théâtre. La télé remplit sans le vouloir cet office. La subversion n’est plus ce qu’elle était !
ENFIN SAGE ?
Vendredi 14 mai 2004
Casting ce matin pour un téléfilm dont l’action se situe pendant la guerre 39-45 (39-40 disent les collabos !). Le réalisateur venait d’apprendre que le rôle pour lequel on m’avait fait venir (un passeur espagnol) a été sucré par la production… Rencontre sympa qui pourrait se solder par un petit rôle. En sortant, j’ai croisé Guilaine Londez que je vous encourage toujours d’aller applaudir à l’Atelier (voir annonces).
Dans l’après-midi, tandis que je notais pour la énième fois le numéro de la production du film d’Agnès Jaoui avec l’intention de passer un ultime coup de fil, l’idée me vint d’appeler Samir, un autre des petits rôles du film, afin de savoir s’il descendait à Cannes. Il m’a répondu avec une grande évidence que non ! Trop petit, le rôle ! Il préfère attendre d’avoir un rôle plus important. Il sent qu’il y aurait quelque chose de triste à faire le déplacement pour si peu. C’est vrai ! C’est même juste. Il m’a dit, Samir, qu’il savait qu’il ne trouverait pas sa place dans ce truc. Et c’est pas faux.
J’étais descendu il y a deux ou trois ans pour « Amour d’enfance » de Yves Caumon qui était dans la sélection « Un certain regard » (il avait eu le prix !). J’avais un tout petit rôle muet mais la production avait payé le voyage à qui le voulait et avait trouvé un hébergement collectif plus qu’agréable, avec petit parc au c1⁄2ur de Cannes. Eh bien en arrivant, j’ai passé une bonne demie heure à trouver l’adresse. C’était au 9 et les numéros de la rue répondaient étonnamment à des règles défiant toute logique de suite arithmétique. Ainsi, passait-on allègrement du 7 au 11, sans passer par le 9 qui était justement le numéro que je cherchais. Sans doute, par le jeu des changements de propriétaires et des découpages cadastraux successifs, la voirie avait-elle tardé à remettre un semblant d’ordre dans cette anarchie numérique. Après avoir enfin trouvé le lieu, je déposais mon sac et m’inquiétais de retrouver mes amis. C’était une heure de l’après-midi ou les plus fainéants avaient déjà abandonné la sieste et erraient sans doute sur la croisette en attendant l’heure du cocktail presse où nous avions rendez-vous. Je partais donc seul en repérage du fameux palais. En bon badaud, je m’avançais sur un quai qui longe et contourne la masse de béton si célèbre et sur lequel des petites tentes blanches et publicitaires servaient de hall aux yachts amarrés. Je ne m’aventurais néanmoins pas bien loin, sentant que je n’avais rien à faire en ce lieu et qu’on me prendrait sans doute pour un voleur ou un paparazzi de fanzine. Au moment où je me dirigeais à nouveau et d’un pas enfin rassuré vers le grand trottoir de la croisette, un « bang » suivi d’une douleur aiguë à la tête vinrent contrarier ma sortie de la zone interdite. Je venais de me prendre une barrière métallique automatique rouge et blanche qui s’était rabaissée sur moi après le passage d’une voiture. Voilà ce que ça fait quand on n’est pas à sa place, qu’on se croit observé, qu’on se sent coupable du seul fait d’exister. Ça fait ça ! On ne voit plus les choses de la vie réelle telles les barrières automatiques ou les gros ronds de fers qui servent d’amarres le long du bassin de la Villette. On tombe. On s’assomme.
Quand la lendemain, pour la projection, nous avions monté les marches bleues (les rouges c’est pour la sélection officielle), j’étais aussi le seul à ne pas avoir joué je jeu de la tenue de soirée, par bravade stupide. Résultat, je me suis senti bien minable, raccord avec ma recherche du numéro et le coup de la barrière. Voilà l’histoire de mon « dépucelage » cannois.
Allez, si j’y étais allé cette fois, ça aurait fait sans doute quelques pages pour ce journal ! Mais on ne va pas s’infliger de petites humiliations supplémentaires. Bye bye Cannes ! A la prochaine! Je regarderai la montée à la télé !
PAS SAGE DU TOUT. Quel con, je fais… !
Lundi 17 mai 2004
LE PETIT ROLE QUI SE REMARQUE EST DEVENU LE TOUT PETIT ROLE !
Finalement, j’y suis allé ! Hé oui… encouragé par mes enfants, mes amis, j’ai fait l’aller-retour Paris Cannes.
Conformément à ce que j’avais imaginé, il n’a pas du tout été évident de trouver une place. Mais je passerai sur les péripéties laborieuses de la recherche d’un billet. Après une quête vaine, c’est finalement Serge (Riaboukine) qui, royal, m’a filé une invit.
Ainsi, smockininsé, j’ai pu assister à la projection de « Comme une image ».
Comme le laisse deviner le titre, deux des trois séquences de mon rôle ont été coupées. Mais en voyant le film, j’ai compris qu’il le fallait. On avait joué dans un registre trop franchement comique qui aurait trop été en rupture par rapport au ton général. Ça se serait en effet remarqué mais sans véritable intérêt pour le film. Vous voyez le niveau de sagesse que je suis en train d’acquérir ! Pour un comédien, digérer aussi vite une telle coupe… !
Bon mais le film, comme on s’y attendait est réussi, très sensible, nous mordant les uns les autres dans nos petites lâchetés. Standing ovation à la fin de la projection !
Pour le reste, Hélène (Angel) s’était démenée pour me trouver un lit et un billet et le grand Serge ne s’est pas contenté de me trouver une place : il m’a intégré à l’équipe pour la descente des marches et la soirée Canal. Une série de moments hyper chaleureux qui ont tout à fait justifié ma venue. Tous m’ont intégré naturellement alors que ma place n’était pas forcément là, y compris Agnès et Jean-Pierre. Champagne !
IL EST DES NOUVELLES QU’ON CROIT BONNES AU MOMENT OU ON LES ECRIT…
Mercredi 19 mai 2004
On parle de Cannes et ça prend toute la place ! La vie continue ailleurs aussi.
Aujourd’hui, super nouvelle pour Marie : elle va jouer dans la prochaine mise en scène de René Loyon aux Abbesses (Théâtre de la Ville) début 2005 ! Pas facile de rentrer dans la cour des grands du théâtre… elle va y jouer !
Pour ma part, j’ai omis de parler d’un court métrage dans lequel je vais tourner début juin sur l’Ile de Ré ! C’est Natalia Dontchéva (« Un an » de Laurent Boulanger) qui a invité Patrick Poubel (le réalisateur) à me rencontrer. Je jouerai le mari de Madame à l’enterrement du Papa.
CA BOUGE BIEN, NON ?
Jeudi 20 mai 2004
L’ascension. Ce matin, entretien préparatoire avec Annick Raoul pour mon rôle dans «Les Mâtines ». Promenade cycliste l’après-midi le long du canal de l’Ourcq, avec Marie, Thierry et Raphaël, parmi des milliers de parisiens.
Demain, départ pour un séjour landais : la mariage d’Elsa et Renaud Cojo ! Que du bonheur pour ces deux-là !
MARIAGE
Dimanche 23 mai 2004
Vendredi, le TGV pour Bordeaux a eu une heure et demie de retard. J’en ai oublié, dans les rangements hauts, la housse contenant mon costume et la robe de Marie dans lesquels nous devions nous déguiser le lendemain pour le mariage de Renaud et Elsa. Impossible de les récupérer avant le mariage !
Renaud m’avait confié l’animation de la petite cérémonie laïque qu’il avait imaginée dans une mignonne églisotte du 12ème siècle. J’avais pour mission de faire le lien entre diverses interventions textuelles ou musicales d’amis comédiens (Blairet, Robine, Laurent, Toulouse, Chaperon, …), chanteurs (Franck Monnet, Chazam), Julie, la filleule de Renaud ou des parents des mariés qui s’étaient fendus de textes qu’ils ont écrit.
Je ne pouvais pas faire mon Dechavanne sans costume ! Comment faire ? C’est dans une friperie de Mont-de-Marsan que j’ai été sauvé. Le premier costume que j’ai essayé semblait m’avoir attendu là. Pas une retouche. Et 25 °Ë !!!!
Très agréable moment d’amitié, d’émotions, de fête paisible.
A peine croisé les enfants vendredi soir. Le temps d’un Mac Do en compagnie de quelques-uns de leurs copains. Drôle de situation. Amusante.
Comme vous le savez, Jaoui-Bacri ont eu le prix du scénario de ce Cannes 2004 avec « Comme une image ». Quand je repense à la toute petite chose qui reste de mon rôle déjà petit, je ne peux empêcher un brin de déception.
DEMO
Mardi 25 mai 2004
Travaillé tout d’hier à confectionner une cassette démon de 10 minutes. Il s’agit d’extraits de différents films destinés à montrer différentes facettes de mon jeu aux directeurs de castings et autres réalisateurs. Voilà trois ans que mon agent me le demande…
Cet après-midi, nous avons repris l’écriture de « la poulpetcha ». Bonne séance où nous avons réfléchi à ce que nous racontions à travers ce film et à écrire un pitch (court résumé du film qui tient en 10 lignes).
Ce soir, je vais à une projection du film de François Dupeyron qui sort demain et dans lequel je fais une quasi figuration au tout début.
INGUELEZI
Mercredi 26 mai 2004
Alors, dans le film de François Dupeyron, le jeu serait de deviner dans quelle scène je suis, tant on ne fait que m’apercevoir au hasard d’un mouvement de caméra. Mais je le savais à l’avance et ne suis donc pas déçu. Le film lui-même est le pari très audacieux d’un road-movie à deux personnages qui ne parlent aucune langue en commun. Pour être honnête, je trouve que le procédé trouve ses limites malgré le jeu remarquable de Marie Payen et Eric Caravaca. La caméra de Yves Angelo saisit des moments de beauté et se perd parfois dans un trop de mouvements que l’utilisation du numérique a encouragé… Bref, un film très curieux, au départ saisissant. A voir pour les acteurs et comme témoin de l’expérience.
Cache-cache, c’est parti pour de bon !
NAISSANCE DU RAYMOND
Jeudi 27 mai 2004
Ce matin, livraison des cassettes démo et dvd à mon agent. Une bonne chose de faite !
Cet après-midi, séance de travail avec Yves Caumon. Le personnage de Raymond se dessine. Ça ne sera pas facile (et tant mieux) mais ça va être un travail jubilatoire de précision et de justesse. Mais je ne dévoilerai rien. On est arrivé à une piste très intéressante aujourd’hui mais rien ne dit que ce sera celle-là que nous suivrons au tournage… C’est bien ça, le cinoche : la vérité, c’est ce qui est finalement monté (voir épisode Jaoui). En tout cas, il me tarde de commencer le tournage !
Ce soir, mail d’un réalisateur (je tais volontairement son nom) avec qui je dois tourner dans un court métrage (pas l’Ile de Ré !). Il me demande si je suis prêt à partager ma chambre de gîte avec un membre de l’équipe. Sur une semaine. J’ai refusé. Vous trouvez que je me la pète, vous ?
MHEU DONC
Vendredi 28 mai 2004
Seul fait notable de la journée : une séance d’écriture laborieuse à Meudon. On reprend tout depuis le début en connaissant la fin. Forcément, ça change des choses…
ECRITURENCOR
Lundi 31mai 2004
Forcément, quand Paul (un de mes fils qui est venu passer le WE) est là, on ne parle plus boulot. Pourtant si. On s’est payé une séance supplémentaire d’écriture à Meudon dimanche. La Poulpetcha avance, avance, avance. L’air de rien, par le biais de mails et de visionnage de films, « Cache-cache » avance aussi. Demain, j’essaierai d’écrire un peu plus. Et puis dès mercredi, je pars pour l’Ile de Ré en tournage de court métrage. De l’écriture en perspective…
PLANNINGS DIFFICILES
mercredi 2 juin 2004
L’informatique est, avec internet, une des révolution de notre temps. Mais c’est aussi une de nos aliénations. Tout ça pour dire qu’hier, j’ai passé le plus clair de mon temps à essayer de résoudre des problèmes de codeurs vidéo, de transfert de fichiers, de décryptage, de résolutions de bugs consécutifs à de mauvais paramétrages. Bref du temps à faire de la mécanique virtuelle. Du temps où l’on ne pense plus.
Heureusement, hier soir, nous avions un dîner avec Hélène Angel, Marie et Patrice Thibaud afin de poser les dates de tournage d’Expérience. Patrice a fini par accepter d’abandonner un de ses projets avec Deschamps. Pour Marie, ça a été plus délicat. Son projet au Théâtre des Abesses tombe forcément exactement sur les dates de tournage ! Mais des solutions semblent possibles. Quant à moi, je suis libre. Tournage prévu : janvier-février 2005 !
Je pars dans peu de temps pour le court métrage de Patrick Poubel sur l’Ile de Ré. Je raconterai ce week-end !
Heu… j’allais oublier ! Pour « Cache-cache », Yves Caumon pense qu’il faut que je passe par un club de gym pour sculpter un peu tout ça. J’aime bien cette idée de transformation ! Reste à négocier avec la prod.
ILE DE RE
Samedi 5, dimanche 6 juin 2004
De retour épuisé et partiellement cramé du tournage de « For intérieur » de Patrick Poubel sur l’Ile de Ré. J’ai rencontré la personne qui a inspiré toutes les blagues sur les blondes : la maquilleuse ! Artistiquement, ce fût pour l’essentiel (en dehors de deux scènes) une figuration fatigante. Humainement, j’ai recroisé avec plaisir Natalia Dontchéva (grâce à qui je fus sur le film) et j’ai rencontré avec autant de plaisir Patrick Zard’, un comédien que j’avais vu jouer jadis dans les Palmes de Monsieur Schultz et qui nous a servi un beau personnage de curé ahuri.
Les rushes de la première journée donnent une assez belle idée (image de Carlo Varini) de ce que sera le film noir et blanc. Natalia ressemble à une veuve sicilienne belle et sévère (jouer le mari d’une veuve !…). Le petit Maxence Perrin (acteur dans les Choristes) crève l’écran. Ça tombe bien puisqu’il est le rôle principal !
Je conterai tout de cette expérience enrichissante à qui me le demandera. Je n’ai pas pour l’heure la force ni l’envie d'entrer dans les détails.
Mais LA nouvelle du moment, c’est qu’Antoine Santana (réalisateur d’ « Un moment de bonheur » que nous avions tourné sur le Bassin d’Arcachon et dans lequel je tenais un petit rôle d’ostréiculteur) me propose un rôle dans « De Profundis », le film qu’il tourne cet été en région Rhône-Alpes avec Isild Le Besco, Emilie Duquesne, Grégoire Colin et Anémone. Le scénar très fort et sensible (écrit par des femmes) est un huis-clos bourgeois avec nourrice et petit personnel à la fin du 19ème siècle. Je jouerai un personnage du cocher anarchiste. En ce moment, tout semble sourire !
MOI DANS UNE SALLE DE SPORT…
Lundi 7 juin 2004
MUSCU ! Première séance au club de sport. Une bonne heure à tirer de la fonte, harnaché dans des machines bizarres. J’ai choisi un club près de chez moi plutôt que le Club Med Répu. La population n’est pas la même. Tous âges et toutes conditions se côtoient sans chichi. Bien sûr il y a ces jeunes gens aux allures de neuf trois qui viennent finir leur look, ce papi au ventre rond dont on se demande s’il utilise vraiment les machines ou s’il se contente de regarder ceux qui s’en servent, et ce vieux body machin figé devant le miroir, scrutant méticuleusement son corps en se demandant si le biceps droit ne serait pas en train de se faire dépasser par le gauche. Bref, une heure de sport intensif sous la conduite d’un prof peu motivé et se refusant à miser un centime d’Euro sur la durée de ma présence dans ce club.
Demain, pas de sport puisque je pars tourner deux jours à Tours dans le court métrage d’Annick Raoul. Ça devrait être un moment agréable. Le scénario est bon, la réalisatrice est sympa et sait ce qu’elle veut et pour finir, je vais retrouver Mathieu Amalricq.
J’ai reçu dans l’après-midi un coup de fil d’Anne Lafosse (casting Bordeaux) pour la série « Les Monos ». J’ai eu mon agent ce soir : elle veut pas que j’y aille…
Pour la jeune lectrice qui me demandait des nouvelles de « A Live », cette comédie musicale franco-belge pour ados (il n’y a pas de mal à être ado !), une info majeure ! : le film est bientôt terminé puisque je vais enregistrer la post-synchro de mon rôle jeudi midi ! Gé – nial !
C’EST CA LE COURT !
Jeudi 10 juin 2004
- Allo heu… Eric ? Oui, je suis Bernard Blancan, j’attends à la gare et personne n’est là !
- Si, si, il y a un régisseur dans une Clio mauve !
- Ok, je le vois pas mais si tu le dis… Il s’appelle comment ?
- Rémi !
- Je regarde sur la liste technique et je l’appelle !
Il me prend pour un con, le régisseur ? « Si, si, il est là… ». J’appelle donc le fameux Rémi invisible.
- Heu… je suis là !… quelle heure il est ?… dans un quart d’heure !
Bref, une demie heure après, le jeune Rémi me conduit à la Cité U où nous sommes logés. C’est ça, le court métrage.
Un tel départ provoque toujours un moment de doute : Ai-je bien fait de venir ?
Mais tout le reste de mon bref séjour à Tours pour le court métrage d’Annick Raoul, « Matines » a contredit ces craintes. Je n’entrerai pas dans les détails afin d’éviter de passer pour un vulgaire fayot ! Comment dire ça… Rares sont les tournages, longs ou courts, d’une telle qualité !
COURS D’ECONOMIE
Vendredi 11 juin 2004
Hier à midi, je suis allé dire les trois phrases de mon joggeur de « Alive ». Un tout petit passage rigolo d’enfoiré. Un peu comme dans « Comme une image » mais encore plus court. C’est dire ! Les curieux peuvent voir la bande annonce sur www.alive-lefilm.com.
Ça commence à être la bousculade dans les tournages de cet été. Certains choix, s’ils s’imposaient, seraient douloureux.
Sans rapport avec les sujets qui précèdent, vous savez combien gagne un acteur qui n’est pas Jamel ou Daniel Auteuil ?
En fonction de règles liées à quelque chose comme le nombre d’entrées ou de parts de marché, chaque acteur a une valeur qui est sensée augmenter proportionnellement à sa notoriété. On démarre à grosso modo 300 euros net/jour (à part les rôles principaux, sur chaque film, un acteur ne reste que quelques jours), on double assez vite et on ne cesse d’augmenter au fil du temps. Pour ce qui me concerne, quand il y a 7 ou 8 ans j’étais à Bordeaux et qu’il m’arrivait d’avoir un ou deux jours par-ci par-là dans les tournages de passage, j’étais à 600 euros (4.000 balles).
Un rôle principal dans un film qui ne marche pas est un atout artistique majeur qui fait que vous allez tourner pas mal mais il n’a que très peu d’incidence sur votre tarif. Le vecteur principal étant la part de marché. En revanche, si l’acteur a un rôle de moindre importance dans un film qui cartonne, sa valeur est facilement multipliée par cent.
C’est avec ce principe qu’un acteur identifiable par une partie du public va rapidement coûter plusieurs centaines de milliers de francs par film à la production. Mais les télévisions, principaux financeurs du cinéma, pour se distinguer de leurs concurrentes, ont tout intérêt à toucher le public le plus large afin d’augmenter leurs parts de marché et leur financement en ressources publicitaires. Les marques faisant de la publicité ont elles-mêmes intérêt à ce que l’audience du film soit maximale.
Ainsi, un acteur connu va coûter cher à la production mais comme les chaînes sont intéressées par sa présence dans le film, elles vont financer d’avantage.
Le même acteur va donc finalement rapporter à la production.
De fait, un acteur a la valeur financière que veut bien lui accorder tel ou tel grand groupe multinational de l’industrie alimentaire.
Il est le trait d'union entre l'actionnaire et le consommateur.
Jamel, c’est Danone qui te finance !
Peut-on finalement tirer vanité de valoir un million de francs ou d’euros par tournage ? Je ne sais pas.
En tout cas, on a beau être le dernier des marxistes, le minimum syndical au quinzième film, ça finit par devenir humiliant…
LE PLEIN DE GENIAL
dimanche 13 juin 2004
Vu avec Hélène « Le plein de super » d’Alain Cavalier. Un film qui, malgré quelques lourdeurs ancrées dans l’époque (caca-prout 1974), reste d’une grande modernité. En dehors de l’étonnement de voir Etienne Chicot avec 30 kg de moins et Bouchitey en ado, ce film aiguise encore plus notre envie d’ « Expérience » ! Il est aussi co-écrit avec les acteurs.
Toujours du sport… presque tous les jours.
Vu une vidéo d’essai des gamins de « cache-cache ». ça promet !
DIPLOMATIE
Lundi 14 juin 2004
Déjeuner avec Angeline, la directrice de production de « cache-cache » et amie par ailleurs. Pas facile de produire des films !…
Séance d’écriture à Meudon. On essaie de terminer le séquencier pour la fin du mois. Et comme j’en ai marre de faire la route Stalingrad-Meudon, on essaie de mettre au point un moyen de vidéo conférence-écriture. Ça serait pas mal de m’éviter deux heures de route. Je dirai si ça marche et si les nouvelles technologies permettent vraiment de travailler ensemble à distance (je serais du genre à y croire !).
Pas fait de sport aujourd’hui. Ça manque.
PAS GRAND-CHOSE
Mercredi 16 juin 2004
Alors, avec l’ADSL, pour téléphoner gratuitement et sans limite, il faut avoir un micro basique et télécharger le logiciel sur http://www.skype.com/home.fr.html. La singularité de skype, c’est sa qualité audio. C’est en utilisant ce système que l’on va faire les prochaines séances d’écriture de La Poulpetcha avec Serge et Fred !
Vu hier soir « L’âge de raison » de Myriam Aziza au Cinéma des cinéastes. Parmi d’autres films courts de la collection Canal+ « comment tout a commencé », le film se distingue par sa sensibilité et sa simplicité. J’y joue un père juif avec au moins sept kilos de plus qu’aujourd’hui !
Prise de mesures hier pour mon costume de cocher dans le film d’Antoine Santana. Super joli le costard 19ème sur mesure !
FAITS DIVERS
Jeudi 17 juin 2004
« Le rôle de ma vie, une place ! ». Quand en haut de la porte de la salle j’ai vu écrit « le rôle de SA vie », une gène diffuse a parcouru mon être. Mais ça n’a pas duré. Très bon moment devant ce film qui parle bien de la célébrité et du rapport ambigu des courtisans-serpillières. Viard-Jaoui, ça fonctionne à fond !
Déjeuné avec Eymeric Bernard pour commencer à mettre au point notre groupe de performeurs : « Les bernards » dans l’idée de faire un spectacle vidéo, chanson, théâtre, bricolage, arts plastiques, foutage de gueule. Un projet scénique très excitant ! …pour 2005.
Ecriture Poulpetcha. On va faire quelques sessions solitaires avant un retour à l’écriture commune. Ça me semble indispensable si on veut avancer dans les délais.
Le match n’a pas commencé.
Dimanche 20 juin 2004
Vendredi a été une journée laborieuse d’écriture. La crise des co-auteurs. L’angoisse de l’échéance qui se rapproche. Le désaccord sur la méthode. La certitude qu’on est loin d’être prêts. J’ai marqué mon désir de travailler aussi en solo sur « la Poulpetcha » parce que l’écriture impliquant la présence physique des 3 est trop laborieuse.
Samedi, c’est Betty Berr du Festival de Contis qui m’a réveillé pour m’annoncer que « La petite note d’humanité » d’Emmanuel Gras l’avait remporté dans sa sélection. La finale aura lieu lundi ! Ceux qui ne connaissent pas ce festival de court métrage feraient bien d’envisager d’y aller faire un tour. Juin, un petit village en bord d’océan. Du cinéma, du spectacle, la mer...
C’est là que mon court avait été primé, que j’ai réalisé mon second et que j’ai rencontré par exemple Laurent Boulanger avec qui j’ai tourné le mois dernier. Ce sont Betty et Reïner, les organisateurs festoyeurs qui donnent leur âme à cet instant magique.
FETE DE LA MJC 1980
Mardi 22 juin 2004
Hier, déjeuner de travail avec Eymeric Bernard. On continue à échanger nos vidéos et musiques pour imaginer la construction du projet de musicovidéoartspectacle. On avance à pas lents.
Je ne sais toujours pas mes dates de tournage de cet été. Mais c’est normal. Il vaut mieux ne pas connaître les dates que de ne pas savoir si on tourne !
Hier soir, un peu de fête de la musique en chansons à la Maroquinerie. Alexandre Varlet se distinguait du lot (comme d’habitude) par son investissement et la singularité virtuose de ses compositions autant que de son interprétation.
Pour le reste, j’avais l’impression de revivre mes 15 ans à la MJC. Tous habillés en chemise aux manches retroussées, jean et Converse. J’avais d’ailleurs jadis la panoplie complète de Vincent Delherm (celle que termine une paire de Sprint Court). Chacun reprenait allègrement des grilles seventies. Un petit coup de feuilles mortes mixées à sa sauce et le tour est joué ! Les filles de 73 ont bien 30 ans mais elles vivent encore, Messieurs les conservateurs qui font du pognon sur la nostalgie des viocs et la naïveté des petits !
Franck Monnet, j’ai bien aimé aussi.
Aujourd’hui, on se retrouve entre Poulpétcheurs et je termine la journée par une réunion de co-propriétaires…
CHUTE
Mercredi 23 juin 2004
J’ai déjà montré qu’on pouvait se faire mal en courant. Hé bien aujourd’hui, je viens de prouver qu’on pouvait aussi tomber du tapis déroulant d’une salle de gym. Si, si ! On règle la vitesse, on court, de plus en plus vite, on transpire, c’est bon pour le c1⁄2ur et mauvais pour les graisses et puis… votre pied droit sort du tapis et vlada van bim boum aïe ! Le ridicule est atteint, de même que la cheville. Un peu d’Arnica et tout ira bien. Pour la cheville.
Ce matin, je m’étais demandé si j’allais faire du sport, sachant que je tourne cet après-midi. Mais je me suis dit qu’il n’y avait aucun danger…
Je tourne avec Johnny (oui, le vrai !) et Pascal Légitimus. Je fais un taulard dans « Quartier VIP » de Laurent Firode. Le registre est comique ! Le rôle est tout petit, mais s’il en reste quelque chose, ça peut être drôle…
Hier, Myriam Aziza m’a appris que son court métrage « L’âge de raison » était sélectionné au festival de Locarno. Bravo !
AKEU POULPETCHE
Jeudi 24 juin 2004
Tournage très bien déroulé avec Johnny (Halliday) et Pascal (Légitimus) sous la direction de Laurent (Firode). Sans rire, on s’est vachement amusé entre « action ! » et « coupé ! ». En dehors de ça, rien de bien chaleureux (mis à part l’équipe réalisation : le réal, son assistant et la scripte). Mon collègue de jeu, celui qui comme moi n’avait qu’un jour, s’estpointé avec un appareil photo et a demandé à la costumière de le photographier avec Johnny. Elle s’est défilé et a fourgué l’appareil à un de ses assistants. « Heu, je t’en prends une avec Légitimus ?
- Non, lui je l’ai déjà plusieurs fois ! ».
Aujourd’hui, nous Poulpetchâmes à Meudon avec les Riab. Il en sera de même demain à Stalingrad.
Mais auparavant, je vais passer un casting pour une série espagnole comique dont il va se tourner une version française.
CASTING
Vendredi 25 juin 2004
Nous avons très bien avancé sur « La Poulpétcha, titre provisoire ». On tient bien toute la structure et la fin est sympathoche !
Casting ce matin. Rendez-vous à 10h30. A 10h20, je suis devant la porte. Il est trop tôt. Je vais faire un tour. Je déteste être en retard !
10h28, je sonne et je pousse la porte, comme indiqué sur la fiche scotchée près de la sonnette. On m’indique la salle d’attente. 10h29, un homme entre. Lui aussi cherche la salle de casting. Je lui indique tout en l’informant que j’attends aussi (il ne va quand même pas me passer devant !). La casting sort de la salle. Le monsieur est en fait le «directeur d’acteur » de la série. On me dit d’entrer. La casting papote avec le directeur d’acteur apparemment très sympa. Je peux enlever mon blouson et poser mon sac. Un assistant installe la caméra. Le directeur vient placer un fauteuil en déco. La casting fait des essais caméra. On me prévient que l’actrice qui doit jouer avec moi est en retard. Le directeur va attendre qu’elle arrive pour me raconter de quoi il s’agit. Ça lui évitera d’avoir à le faire deux fois ! Bien sûr, je comprends bien. Il me raconte néanmoins qu’il a travaillé avec cette comédienne il y a au moins 12 ans. Blanc.
« ça va ? T’arrêtes pas, toi ! me lance la casting.
- oh ben j’ai quand même passé six mois sans boulot !
- Oui… mais c’était général. Il m’est arrivé la même chose…
Voilà enfin ma femme de scène. Malheureusement, elle ne reconnaît pas le directeur d’acteur qui doit se fendre de trois précisions avant qu’elle parvienne à se souvenir de lui.
« Bon, là, il faut un jeu anti-psychologique, le contraire des séries françaises… » Heu oui… Nous voilà partis dans la scène. Elle, n’avait pas tout à fait réalisé qu’elle était arrivée. Moi, on ne peut pas dire que j’étais au top. Deux prises ! Et la cruelle impression que c’était un truc pour moi mais que je l’avais raté.
AVANT TOURNAGE
samedi 26 juin 2004
Chers amis lecteurs, je vais interrompre ce journal pendant une semaine pour aller tourner dans le court métrage de Guy-Marie Lopez en Auvergne. Je prendrais des notes pendant le tournage que je ne manquerai pas de mettre en ligne à mon retour dimanche 4 !
Ceux qui voudraient me voir pendant 9 secondes dans « Comme une image », d’Agnès Jaoui pourront toujours profiter de l’avant première au festival Le Festin d’Aden le dimanche 4 à 15h je crois, au MK2 quai de Seine. Ce festival est d’ailleurs une mine d’avant-premières et de super films !
Je me prive de fêtes, repas avec les copains, tables régies diverses, afin de ne pas succomber à la mal bouffe et dans le soucis d’atteindre l’objectif de poids que je me suis fixé pour « Cache-cache ». Pour l’instant, c’est la stagnation dans des sphères en impressionnant progrès par rapport à mon état de départ (ancien tabagique sevré, genre chat castré) mais encore trop loin de la silhouette souhaitée à la fois par Yves Caumon et par Hélène Angel pour « Expérience »… Il va encore falloir que je traîne dans ma salle de sport et que je coure, coure, coure en essayant de ne pas tomber, tomber, tomber !
ALORS… CE TOURNAGE…
Lundi 05 juillet 2004
Une semaine entre parenthèse. En partant à Clermont Ferrand, j’avais oublié que « juste une vache » se déroulait entièrement la nuit. Ça donne une semaine à tourner de 22 heures à 06h00 du mat, à bouffer pas très équilibré et n’importe quand, à fumer (si, si ! comme un pompier), à peu et très mal dormir parce que logé en chambre d’hôtes (avec l’obligation de déménager pour la dernière nuit) avec des hôtes, clients et propriétaires, qui ne dorment pas le jour, à ne pas faire de sport, tout ça pour m’entendre dire que j’exagère un peu quand j’exprime le souhait de prendre le premier train du dimanche si c’est possible. Les gens sont ingrats ! On débine les acteurs hyper payés et capricieux mais on abuse des autres, dès lors qu’ils sont trop communément humains!
Le court métrage lui-même, mise à part la réplique maudite, celle que l’on n’arrive pas à dire, s’est bien déroulé, avec une équipe sympatoche. Plaisir de retrouver Fejria (Cathy dans le film).
En cours de semaine, les dates des tournage se sont précisées. « Cache-cache » commence mi-août. En début de mois, je vais jouer le cocher anarchiste moustachu dans « De profundis », d’Antoine Santana. Impossible de tourner « le crime des renards » de Serge Meynard. Les dates de tournage tombent dans celles de « cache-cache».
Incertitude également pour le film de Richard Dembo dans lequel je devrais tourner un jour en août ainsi que pour celui de Fabienne Gaudet.
Bon. J’ai jeté mes cigarettes, je me suis reposé et je vais reprendre le sport. Je vais plonger dans le travail effectué par mes amis co-auteurs de « la poulpetcha ».
Finalement, je n’avais pas grossi…
DROIT DE REPONSE :
Dans le cadre de son droit de réponse, Antoine Lopez (1er assistant) me fait savoir que l’équipe a particulièrement apprécié la nourriture. De même que Christophe qui nous a prêté sa voiture nous trouve très ingrats.
Oui, la bouffe était bonne !
Personne ne m’a obligé à fumer !
MERCI ENCORE Christophe !
Vive l’humour !
Vive le court métrage !
QUESTIONS
Mardi 06 juillet 2004
Ça fait du bien de dormir ! Lente reprise des activités, hier. Très lente.
Il a fallu gérer la partie polémique du journal d’hier qui n’a pas manqué de susciter des réactions. Dommage.
Dans ce journal, je pratique pourtant une grande autocensure. Il n’est pas question pour moi de régler mes comptes, de débiner tel ou tel, de dénoncer de quelconques abus. Il y aurait pourtant de quoi alimenter de tels propos dans l’exercice de ce boulot !
Ce journal est très peu lu et il l’est essentiellement par des proches. Quand naît une controverse, elle n’est lue que par très peu de personnes. Sans doute par les protagonistes eux-mêmes. Pas beaucoup plus.
Bon, là, je m’embrouille, je n’arrive pas à me dépatouiller de ces enfantillages… heu… Je reprends !
« Comme une vache » devrait être un court métrage remarquable. Guy-Marie Lopez a su gérer son affaire, tranquillement, avec efficacité.
J’avais projeté de faire un compte-rendu quotidien. J’avais d’ailleurs commencé une large prise de notes quand j’étais là-bas. Mais très vite la fatigue est venue s’immiscer. Les notes n’ont jamais dépassé leur statut initial.
C’est un vrai boulot d’écrire si l’on veut le faire à peu près correctement (ce qui n’est pas le cas de ce journal, j’avais prévenu…) !
J’aurais pu parler en détail de l’équipe, raconter quelques épisodes de la vache (qui meurt dans le film), m’amuser des amis qui ont prêté leur ferme, leur vache ou leur tracto-pelle, évoquer l’interview de Farida pour La Montagne, me souvenir de la pâtisserie Blanchard, rue du Château, à Ambert, parler des moucherons du Mouve, du patron à percing et des clients « branchés », glisser quelques anecdotes de la famille Clark, les propriétaires du gîte, développer les notes prises à la terrasse d’un café sur des gens qui passent et racontent sans le vouloir un peu de leur intimité…
Bref, j’aurais pu écrire mais j’étais fatigué. En revanche, je reviens avec dans la tête les Traces silencieuses* d’une aventure humaine.
Merci Guy-Marie ! Et Christophe, pour la cent vingt troisième fois, merci pour la voiture !
(*) Titre d’un docu de Sophie Bredier et Myriam Aziza.
RETOMBEES
Mardi 06 juillet 2004 (suite)
FABLE MODERNE
Bu un café avec un copain chanteur qui tient aussi un journal sur son site (20 lecteurs/jour). Il a osé porter un regard critique sur un concert collectif dans lequel il a donné deux chansons et dont un chanteur à la mode était la vedette. Il se trouve que ce chanteur à la mode devait travailler avec le copain chanteur. Mais voilà…
un lecteur du journal du copain chanteur a envoyé au chanteur à la mode l’extrait du journal dans lequel le copain chanteur émettait une critique.
C’est vrai que critiquer un truc auquel on a participé peut ressembler à « cracher dans la soupe ». C’est pas bien ! La pensée unique hypocrite Téléramalibérationtéhèfetrois s’accorde pour dire que c’est pas bien. Il y a d’un côté, les gentils (ceux qui sourient, qui font preuve d’une « belle humanité », qui pensent que les pédophiles c’est pas bien, tout en se rinçant l’1⁄2il sur des mannequins de 12 ans, qui trouvent que Stéphane Paoli est un mec de gauche, qui traitent d’antisémite celui qui prononce « territoires occupés », qui égrainent au long du jour le chapelet d’une morale prête-à-penser, à l’américaine !) et de l’autre, les méchants (ceux qui voient les choses en noir, ceux qui ont la tête qui dépasse, ceux qui râlent, qui traînent des pieds, ceux dont le plus grand nombre dit qu’ils sont méchants).
Dès lors que l’on s’exprime, on a tôt fait de devenir un « méchant » !
C’est ce qui est arrivé au copain chanteur.
Le chanteur à la mode ne veut plus lui parler. Ne veut plus jouer avec lui. Ne veut plus l’aider. Ne veut plus entendre parler de lui.
Le prochain album du copain chanteur se retrouve plus que compromis, voire en péril. Tout ça parce que le chanteur à la mode (qui se prend sans doute pour un roi) a décidé que c’est pas bien ce qu’a fait le copain chanteur. Il ne doit plus chanter. ‘Fallait pas critiquer ! Puni de guitare. Puni de studio. Puni de micro. Puni d’arrangements! Pas de disque !
Il voyait bien pourtant, le copain chanteur, que le chanteur à la mode vend plein d’albums et passe dans toutes les radios ! Qu’est-ce qui lui a pris de critiquer celui qui est aimé de tous ?!
Drôle de monde...
MES AMIS DE RADIO
Jeudi 08 juillet 2004
On s’énerve, on s’énerve… Respirez ! Soufflez ! Pffffffffffffffffff…
« Vous dites que l’éducation est une priorité mais il m’est impossible de mettre ma fille en maternelle. Les classes sont surchargées !
- Elle a quel âge votre fille ? demande François Fillon.
- Trois ans !
- Je crois qu’il faut éviter de prendre l’école pour une garderie. Elle n’est obligatoire qu’à partir de six ans. »
On est sur France Inter, ce matin. Mauvaise foi, démagogie et culpabilisation.
Avec les affaires de tueurs en série qui ont occupé pendant plus d’une semaine la quasi intégralité des infos, voilà que les députés UMP et PS trouvent un terrain d’entente sur la nécessité d’emprisonner encore plus et de mettre des bracelets électroniques à ceux qui ont purgé leur peine. C’est bien connu, « les gens sont cons » ! Dès qu’il y a meurtre d’enfant, on met la prison à vie et on ressort la guillotine. On évoque à peine la psychiatrie.
Hier, on entend ce gamin qui est acquitté alors qu’il a tué ses parents à l’âge de 15 ans et qui dit qu’il envisage de commencer une psychanalyse. On rêve !
L’autre assassin, Founiéret, n’était pas un débutant. Plusieurs fois, il avait violé et avait fait preuve de violence. On l’a emprisonné. Quand il est sorti de prison, il a continué à pratiquer ses horreurs mais, pour atténuer ses chances de retourner en prison, il a tué ses victimes. Je me demande si un bon traitement psychiatrique n’aurait pas été plus efficace…
C’est mal vu mais je trouve que la prison est la plus grotesque expression de la connerie humaine. On va peut-être penser que je suis favorable aux tueurs en série…
Bon. Pour revenir à ce qui fait plaisir, on a fait lundi soir une petite séance d’essais vidéos pour « cache-cache ». Les nouvelles en terme de production laissent entendre qu’il faudra encore attendre pour être riche. Mais on ne fait pas du cinoche pour ça (à la base)!
Alors que j’allais boire un café avec Antoine Santana qui me remettait le plan de travail de « De profundis », j’ai croisé un copain acteur qui allait rencontrer Yves pour un rôle masculin de « cache-cache ». Tout petit, Paris !
A midi, je vais essayer des moustaches pour mon rôle de cocher anarchiste 19ème de « De Profundis ».
MOUSTACHES
Vendredi 9 juillet 2004
La justice ne pouvant imposer un traitement psychiatrique au jeune meurtrier de ses parents, le Préfet démagogue a décidé son internement psychiatrique. En attendant l’appel du jugement qui a prononcé son acquittement. Si on ne cache pas les méchants, si on ne les enferme pas, si on ne les enterre pas… On est décidément dans une période où la pensée régresse, se rabougrit, se ratatine, s’étiole, se replie sur la seule émotion. L’effet Séllières-Bush-Sarko-droite ? Plus grave encore ?
Essayage de moustache très rigolo. Un petit atelier lumineux dans un appartement ancien du marais. Sous le regard expert de Marie-Thérèse, trois femmes s’affairent. Poil à poil naissent des moustaches, des barbes, des chevelures entières. On mélange les teintes pour accentuer la vraisemblance.
Pour ma part, j’aurai une moustache broussailleuse en sa base et dessinée en virgule à ses extrémités. Un postiche, un personnage !
SALAIRES ET PUBLICITE
Samedi 10 juillet 2004
Ça y est, mon salaire a été négocié (je ne sais pas si c’est le mot…).
Mes lecteurs assidus se souviennent sans doute de l’analyse à trois balles qui, le jour où j’ai appris les intentions de la prod en terme de salaire, me faisait dire que Jamel était payé pas l’industrie agroalimentaire (télé-fric-pub-cinéma-salaires-audimat-parts de marché…).
Tout à propos, un pote m’envoie ça par mail, hier :
PARIS (AFP) - Patrick Le Lay, PDG de TF1, interrogé parmi d'autres patrons dans un ouvrage intitulé "Les dirigeants face au changement" (Editions du Huitième jour), livre sa conception de la télévision : "Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective +business+, soyons réaliste: à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit".
Bon. Il se trouve que le pote en question est le compagnon de la directrice de prod qui a négocié mon salaire avec mon agent…
CHANSONS ET PERSPECTIVES
Lundi 12 juillet 2004
Dimanche après-midi d’automne qui nous a donné envie de nous enfermer à l’Hôtel du Nord pour un « Tremplin Chanson française ». Eté oblige, il n’y avait que 5 candidats. Le premier se prenait pour Pascal ObisKyo, le second croyait qu’il était encore au collège, les troisièmes avait des instruments hyper beaux et intellectuels, la quatrième aurait aimé être au cabaret et la cinquième pestait d’être le cinquième avant ne nous livrer son mini tour de chant dépressif et hautain. C’est Obiskyo qui a gagné !
Il ne faut pas le répéter mais j’étais tellement naze la semaine dernière que le seul sport que j’ai pratiqué, c’est de la marche (intensive quand même). Cet aprem, retour dans la salle de gym. Je ne peux pas dire que j’aime ça.
Comptes d’apothicaire : Voyons… plusieurs tournages sautent (chevauchement de dates) mais si tout va bien, à l’issue de « cache-cache », je redeviendrai intermittent (je toucherai de l’ASSEDIC quand je bosse pas) !
FETNAT
Mercredi 14 juillet 2004
Des avions sont passés. Des gens déguisés ont défilé. Le Président a parlé. Des pétards ont pété. Fête nationale. Tout ça parce que la balance a indiqué mon poids le plus bas. Mais j’ai bien conscience qu’il faut continuer si je veux atteindre l’objectif que je me suis fixé pour « cache-cache ». Encore 4 kg en un mois ! Heu… c’est peut-être un peu énorme quand-même!
Je laisse pousser cheveux et rouflaquettes pour le film d’Antoine Santana. Ça peut faire peur !
Demain, on a une séance de travail en costumes pour « cache-cache ». Je devrais savoir avec qui, où et quand je tourne…
REGIME RAYMOND
Vendredi 16 juillet 2004
Essayage costume fait. Les choix ne sont pas totalement arrêtés mais on s’oriente vers une ruralité paysanne assumée.
Une chose est sûre : je peux perdre encore quelques kilos. Je viens à cet effet de compléter ma gamme de crèmes et autres brûleurs-draineurs. Dans un quart d’heure, je fonce à la salle pour une séance d’abdos !
Où on tourne ? Ça y est, je sais ! Pas très loin de Cahors. Une petite ville du Lot. Dans le Quercy.
Avec qui je tourne ? Lucia Sanchez jouera Madame. L’acteur qui jouera Monsieur est choisi. Acceptera-t-il les conditions ?
Je viens de recevoir le premier pré-scénario d’Expérience, le film d’Hélène Angel. Pas encore eu le temps de le lire mais le peu que j’ai parcouru me fait penser qu’on va se régaler avec le père Thibaud !
LE PRIX DU PERRIER
Vendredi 16 juillet 2004 (suite)
Un petit bilan sur le passage à l’Euro m’inspire ce paragraphe supplémentaire :
J’avais deux rendez-vous cet après-midi. L'un à Répu pour un ultime essayage de moustache et l'autre pour aller chercher mon salaire de «Juste une vache». Oui, il faut bien reconnaître que pour une fois, je suis un peu payé sur un court métrage. D’habitude, les prods vous font signer des contrats au cas où, histoire de, on vous met en participation et roule ma poule !
La moustache, ça m’a pris douze minutes en tout et pour tout. De sortes que, bien qu’ayant fait le chemin à pieds jusqu’à Madeleine, j’avais pas mal d’avance.
Subissant les effets de la chaleur soudaine d'un été tardif, et plutôt que de me présenter trop tôt dans le bureau des producteurs, je me résignais à prendre le temps d’un Perrier dans un bar très ordinaire. Je ne choisis pas la terrasse, de peur de me faire assommer.
Le service est rapide. Même pas le temps de m’asseoir que l’on me demande ce que je veux. On me sert illico un Perrier mais comme je n’en avais jamais vu. Dans une bouteille de 20 cl !!!! Minuscule petit Perrier ! Ridicule bouteille de dînette !
Dans l'instant même, la certitude m'est venue que j’allais me faire assassiner… et en effet : 4,70 Euros le mini-Perrier (30,83 francs) soit 154,15 francs/litre (23,50 Euros).
L’avantage de pas trop bosser et de faire surtout du cinéma d’auteur, c’est qu’on reste conscient du coût des choses. Le Perrier, c’est de l’eau ! 154 francs le litre, 23,50 Euros, c’est trop !
Bref. Le Perrier vite bu (et pour cause !)je ne m’attardais pas trop en ce lieu. Tout juste pris-je le temps de satisfaire un léger besoin dans les toilettes qui étrangement étaient gratuites. Je crois ne pas avoir été très précis dans ma visée. La nervosité sans doute. Je sortis du bar sans dire au revoir et me dirigeais ensuite vers la boîte de prod, sans me retourner.
Bureaux au luxe discret et élégant. Sensation d’espace de calme et de fraîcheur. Musique en sourdine.
Boris me donne mon bulletin de salaire et mon feuillet ASSEDIC :
« Je n’ai pas le feuillet congès spectacle mais on te l’enverra par courrier.
- Pas de problème !
- Tu n’as pas rapporté ton billet de train, par hasard ?
- Ben tu ne me l’as pas demandé. Je te l’envoie ! Heu… il n’y a pas le chèque correspondant au salaire ? (243 Euros).
- Non. On fera les chèques jeudi prochain. On n’a pas encore reçu les subventions !
- … je comprends… heu… je t’envoie le chèqu… le billet de train !!! Au revoir ! Merci ! … allez, j’y vais !
- Oui. Au revoir ! »
Oui, il faut savoir que 243 Euros, c’est énorme comme somme pour une boîte de prod. Pas facile à débourser. Et puis avec les subventions, on ne sait jamais ! Ils ne vont quand même pas risquer un dépôt de bilan !
Et puis entre nous, ils ont bien eu raison parce que, connaissant l’état de mes finances, j’aurais bien été capable de l’encaisser, le chèque !
Bon, en même temps, 243 Euros (1.593 francs pour une semaine de tournage de nuit), c’est mieux que zéro !
Mais ça ne représente qu’à peine plus de 10 litres de Perrier dans le bar pourri où les chiottes sont sales!
EXAMEN
Mardi 20 juillet 2004
Coup de fil hier après-midi de Serge R et Fréd : on dîne le soir-même avec Philippe et Agnès, jeunes producteurs, pour parler le la Poulpétcha ! C’est du sérieux. De ce rendez-vous découle en grande partie l’avenir du film en projet.
Dans l’attente de ce rendez-vous commence une tempête intestinale qui m’aide à atteindre des niveaux de poids inespérés en un temps record.
Le dîner de travail se passe bien, en toute décontraction. Philippe est diplomate. Agnès, concentrée sur le texte, interroge sur les nombreuses répliques qu’elle ne comprend pas ou qui ne sont pas claires. C’est un moment dense où la parole fuse, les échanges sont vifs, les méninges s’activent. Nos lacunes apparaissent. Nos fissures sont mises en lumière. En même temps, on justifie nos choix, on dit les B, C, D quand les A-E ne les laissent pas deviner (pour paraphraser Philippe).
On est ressorti de cette séance, très fatigués, avec un film dont la colonne vertébrale se dessine beaucoup mieux et la conscience du travail à accomplir. Nous saurons dans quelques jours ce qu’il en est de la décision des producteurs de s’engager sur ce projet et de la façon dont nous devons procéder.
MECHANTE CRITIQUE
Jeudi 22 juillet 2004 (matin)
Dans le cadre de la ligne scato quotidienne : Le personnage de Poulevorde s’appelle Chiasse. Celui de Vanessa Paradis, Conchia. On comprend pourquoi : Atomic Circus, c’est une vraie ..... !!!! Comment, vous le saviez ?!
Le régime se poursuit et j’en suis à – 9,3 kg ! Evidemment, ça vire à l’obsession. Mais désormais, je suis fort en perte de poids. Je sais qu’il n’y a pas de régime miracle, pas d’alimentation particulière. Tout juste une règle super simple : dépenser plus de calories qu’on

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